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Finale
Le climat se réchauffe, le Balfroid aussi
Olivier Standaert
Mis en ligne le 28/04/2008
Participer à la finale de la Dictée du Balfroid, c'est jongler avec deux missions : être au top de sa forme orthographique et de sa concentration, mais aussi jouer le jeu de la retransmission télévisée. Sourire, applaudir, crier, le tout en étant prêt à guerroyer avec les mots : cette double prestation ne coule pas de source.
Sous les projecteurs...
Samedi, la chauffeuse de salle de la RTBF a dû mettre le paquet pour détendre une assistance tendue par l'enjeu. Du "franchement moyen" à "vous êtes supers", de longues minutes de répétition des séances d'applaudissements s'écoulent. Les parents assis au fond de l'Audi 2 000 doivent même prêter main-forte à leurs chérubins pour que la salle tremble enfin.
Cyriel, Céline et Marine, toutes trois assises côte à côte, confirment. "La salle est très jolie, et c'est chouette qu'il y ait la télé. Mais il ne faut pas se braquer sur elle sinon on perdrait notre concentration", avertit solennellement Marine.
Le trac, ça arrive même aux plus rodés du circuit. En effet, Liliane Balfroid elle-même confie être toujours sous son emprise la veille de la finale. Dix éditions aux côtés de Jacques Mercier n'y ont rien changé ! Le stress plane donc un peu partout : chez les élèves car on ne sait si on sera à la hauteur, chez Liliane Balfroid, inquiète quant à son texte. Qui se peaufine dans les moindres détails, fût-ce aux petites heures...
Et que dit-il, ce texte tant attendu ? "Il était plus long qu'une dictée de demi-finale", raconte un membre de l'ASBL Le Balfroid. "Et cela engendre tôt ou tard des fautes dues à l'érosion progressive de la concentration".
Mais certaines erreurs reviennent trop souvent que pour être "de distraction" : dès le titre, "chevet" a fait froncer quelques sourcils se disant sans doute qu'à ce rythme-là, c'était plutôt mal barré... "Détérioration" et "assainissement" ont subi nombre d'outrages. Il en va de même pour "convaincants". On ne peut plus en phase avec le thème, "éolienne" intrigue autant pour le sens que pour l'orthographe.
Les mots d'usage semblent avoir tracassé plus de monde que les accords de participes et autres règles de grammaire. Renaud, qui participe à la finale avec son frère, a déjà tiré ses conclusions de la correction : "entre cinq et dix fautes. Et je ne parle pas des mots compliqués".
Parmi ceux-là, "on peut presque compter une faute par mot", sourit Hervé Gilbert (RTBF Sports), assis au premier rang de la classe de Maureen Louys. Elle aussi jongle avec les rôles : de l'animation à la surveillance, où ce sont surtout les élèves Ridremont et Gagnon qui donnent du fil à retordre à leur professeur. La technique "Prison Break" a peut-être de beaux jours devant elle en période d'examens.
Il ou elle ?
Seul sans-faute de la classe VIP, Christian Laporte a été imité par deux participantes : Pauline Carpentier (lire plus haut) et Marina Gonzales. Deux filles ? L'hégémonie féminine sur la Dictée du Balfroid est plus qu'une réalité, c'est une constante ! Avec 66 pc de demoiselles dans les travées de l'Audi 2000, quoi de plus logique qu'elles squattent deux des trois marches du podium ?
Appliqués et disciplinés, les 485 finalistes s'en vont lorsque l'équipe de la RTBF commence à ranger son impressionnant matériel. Eblouis par un soleil généreux et tout à leur débriefing des aventures de l'après-midi.
Le Balfroid "dictée" a donc vite cédé la place au Balfroid "détente". Et le trac des caméras s'en est allé aussi vite qu'il est venu. Pour un peu, on en oublierait presque qu'il a fallu chauffer la salle peu avant la retransmission...
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