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L’entretien
L’entretien: Jean Teulé
(C.P.)
Mis en ligne le 08/06/2009
6 août 1870, Alain de Monéys, jeune notable apprécié de tous les habitants des alentours, se rend à une foire d’un village voisin. Pour un malentendu, il subira un terrifiant chemin de croix et finira brûlé et mangé par les villageois rivalisant d’imagination pour le torturer. De ce fait divers honteux et morbide, Jean Teulé a construit un bref récit précis d’une plume distanciée distillant des pointes d’humour noir, sans jugement, sans moralité.
Passer de l'amour à la torture... Pourquoi cette histoire ?
Après le succès du "Montespan", j’ai pensé que quoi que j’écrive, je me ferais lyncher. Après des recherches sur les massacres, je suis tombé sur cette histoire abominable. J’ai donc écrit un lynchage en prévention du mien même si j’espère qu’on n’ira pas jusqu’à me manger.
En 1870, la population était désemparée et a trouvé un bouc émissaire. Pensez-vous que cette situation trouve des échos aujourd'hui ?
Bien sûr, le désarroi est important. Tous ces licenciements, c’est terrible, cela donne envie de se retourner contre son patron, à la différence près, qu’eux, ne sont pas totalement innocents.
Ce massacre a duré deux heures. Hommes, femmes, enfants y ont participé.
C’est pourquoi la folle foule devenue un corps a eu besoin de boire des coups pour se reposer. Chacun frappait à son tour parce qu’ils avaient compris que cela diluerait la responsabilité. La femme est l’égal de l’homme, pas plus idiote, hélas, pas plus intelligente.
La torture est-elle une catharsis pour eux ?
C’est un sacrifice. On pourrait tuer le con du village, ça en ferait un de moins et, pourtant, on choisit toujours le plus beau, le plus doux, le plus pur.
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