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Edition revue et augmentée
Gainsbourg, homme de paroles
Francis Matthys
Mis en ligne le 12/01/2010
Le 3 février, sortira sur nos écrans "Gainsbourg : une vie héroïque", premier long métrage réalisé par Joann Sfar, l’un des créateurs français de bandes dessinées les plus originaux des vingt-cinq dernières années. Conjointement, l’auteur phénoménalement productif de séries telles que "Petit Vampire", "Grand Vampire", "Le Minuscule Mousquetaire", "Le Chat du Rabbin" ou "Pascin" (et père spirituel, avec Lewis Trondheim, de la saga gigogne "Donjon"), né à Nice le 28 août 1971, publie deux livres chez Dargaud. L’un, "Gainsbourg (Hors champ)", réunit le millier de dessins, croquis et notes graphiques préparatoires pour le film (430 pp. en couleurs, env. 39 €); l’autre, "Gainsbourg (Images)", contient une sélection d’aquarelles, détachables pour être affichées (20 pp. en couleurs, env. 11 €).
Sfar se rêverait-il le Gainsbourg/Gainsbarre de la BD ? Dans le film, le rôle du prodigieux auteur/compositeur/interprète et dandy (Paris, 2 avril 1928 - 2 mars 1991) est tenu, avec une ressemblance physique saisissante, par Eric Elmosnino qui a pour principales partenaires Lætitia Casta (Brigitte Bardot) et, pour incarner la véritable Jane Birkin (ci-contre, dans les bras de son Serge) dont Gainsbourg fut le Pygmalion et l’amour fou, la comédienne anglaise Lucy Gordon - qui s’est suicidée le 20 mai 2009, deux jours avant son vingt-neuvième anniversaire.
Par ailleurs, et l’on s’en félicite, Pocket réédite "Gainsbourg en dix leçons" de Bertrand Dicale (256 pp., env. 6,50 €; cf. "Lire" du 27 mars 2009) : à nos yeux, sans doute la meilleure étude publiée à ce jour sur l’auteur de "Je t’aime moi non plus" (qui plaçait la peinture par-dessus tout) qui oscillait entre intransigeance artistique et ambition commerciale. Enfin, saluons l’édition revue et augmentée de "L’intégrale et cætera" qui rassemble les textes de quelque six cent cinquante chansons écrites par S.G. (qui les signa d’abord de son véritable nom, Lucien Ginsburg, ou sous le pseudonyme de Julien Grix.) L’appareil critique - travail de bénédictin - en est dû à Serge Vincendet et Yves-Ferdinand Bouvier ; la première édition parut chez Bartillat, fin 2005. Bien sûr, lire les mots d’une chanson ne peut jamais suffire, musique et voix étant indissociables d’eux. Ce recueil d’un homme de paroles reflète la virtuosité de l’amant de Melody Nelson qui s’exprimait avec autant de brio par l’alexandrin que par l’onomatopée. De l’art qu’est la Chanson, Gainsbourg fut et reste un génie.
L’intégrale et cætera Serge Gainsbourg Bartillat, collection "Omnia" 974 pp., env. 19 €
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