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psychologie

L’Italie en forme

G.Dt

Mis en ligne le 08/02/2010

La littérature italienne a réussi un poker gagnant.

Elle nous a offert coup sur coup des romans passionnants et émouvants qui, tous, nous parlent d’être fragiles, fêlés, en crise, au bord des ruptures. Ils les évoquent avec humour, originalité et une énorme tendresse humaine. On se souvient de "Chaos calme" de Sandro Veronesi (Grasset). Pietro Paladini a 43 ans et tout semble lui réussir mais tout bascule lors d’un séjour à la mer. Il apprend la mort subite de sa femme, frappée par un anévrisme. On s’attend à un roman tragique, on a tort. On a droit, tout au contraire, à une incisive comédie loufoque sur la vie contemporaine. Car Pietro, curieusement, ne souffre pas. Il attend que la douleur le frappe mais elle ne vient pas. Il est comme KO debout mais il n’est pas bouleversé. On a eu droit aussi, l’an dernier, à un premier roman à la construction époustouflante, d’un jeune Italien, Paolo Giordano, "La solitude des nombres premiers" (Le Seuil), qui raconte la vie d’Alice et Mattia qui, pour tous deux, bascula un jour maudit de leur enfance. Quand Alice, partie skier avec son père, disparut dans la brume et la neige profonde et n’en sortit que boiteuse à vie. Quand Mattia, en ballade avec sa sœur jumelle, handicapée débile mentale, l’oublia dans un parc. On suit passionnément cette histoire sentimentale hors du commun qui rassemble des jeunes d’aujourd’hui, dans un monde déboussolé. Des adolescents loin des archétypes et qui cherchent à survivre, avec leurs différences, dans un monde hostile, à la recherche d’un amour toujours impossible. Et il y eut avant cela, "Comme Dieu le veut" (2007) de Niccolò Ammaniti (Grasset), terrible livre qui complète ce trio gagnant.

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