Lundi 6 sep 2010

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Un nouveau roman philosophico-mystique de Willy Deweert

Dieu n’aime pas l’Internationale intégriste

Christian Laporte

Mis en ligne le 16/04/2010

Willy Deweert nous livre un nouveau thriller philosophico-mystique.

Les fondamentalismes religieux sont bien de retour. La logique voudrait que les extrémistes ne puissent pas se supporter entre eux et cherchent l’affrontement. D’accord mais si d’aventure les loups ne se dévoraient pas entre eux ? Et si les ultras de tous bords, plutôt que de s’excommunier réciproquement, s’unissaient pour imposer leur trop écrasante vérité aux sages soucieux d’un véritable dialogue interreligieux ou œcuménique ? Bref, s’il existait une internationale intégriste réunissant les extrémistes de la foi de tous bords et de tous poils ne serait-ce pas une porte ouverte vers une dictature mondiale des esprits ?

Cette thèse qui tient de la fiction est au cœur du nouveau roman philosophico-mystique de Willy Deweert, qui nous a régalé ces dernières années avec ses "Allumettes de la sacristie", "Mystalogia" et "Le Prix Atlantis".

Autant de romans passionnants où cet ancien professeur de rhétorique au Collège Saint-Michel nous avait invité à de passionnants remue-méninges autour de la place des religions dans nos sociétés postmodernes.

Sa thèse, c’est celle des hommes de bonne volonté : contrairement à ce qu’affirment certains athées pas moins intégristes, les religions ne sont pas uniquement bellicistes ; leur message peut aussi inviter à l’érection d’un monde pacifié où l’on respecte et prend en compte l’opinion de l’autre. Mais encore faut-il faire montre d’ouverture et ne pas répéter les erreurs du passé et ses guerres de religion, ses Inquisitions et autres massacres au nom de Dieu

Pour Deweert, la vérité est plurielle. Et son image de la divinité est celle d’un Dieu d’amour, pas d’un Zeus vengeur qui s’apprête à châtier cette humanité en perdition.

Nous voici au coeur du roman : des "fous de Dieu" recrutés au sein de tous les états-majors des grandes religions veulent en découdre définitivement avec les zélateurs de dialogue et usent et abusent des techniques modernes de communication, au point de saboter des satellites et d’injecter des images de panique sur tous les (petits) écrans de la planète.

En fait, et cela le lecteur l’aura appris bien avant l’opinion publique mondiale dans le roman, il s’agit d’essayer de court-circuiter à tout prix la diffusion mondiale d’un message de paix et d’amour du Créateur himself, qui s’est retrouvé dans la bibliothèque du monastère Sainte-Catherine dans le Sinaï.

Un lieu choisi à dessein puisqu’il est commun à bien des courants religieux, même s’il n’exclut pas pour autant les capitales spirituelles un peu plus ou bien plus à l’Est. Bref, voilà que le grand horloger de l’Univers entend prendre le dessus sur ses propres moutons noirs, mais les moyens des puissants de la Terre sont devenus tels qu’ils pourraient faire la nique au "Patron".

Willy Deweert aurait pu se contenter de nous allécher par une synthèse dudit document, mais il a eu l’heureuse idée de nous livrer ce message divin en dix chapitres qui correspondent somme toute très bien à ce que nous vivons aujourd’hui.

Loin de se livrer à un syncrétisme de mauvais aloi, l’ancien prof ne se mue pas en démiurge mais nous livre en marge de son roman une rafraîchissante synthèse des grandes spiritualités sans pour autant, loin s’en faut, écarter les agnostiques ou les athées aux valeurs non moins respectables. Entre ces chapitres qui relèvent de l’essai, Deweert confirme qu’il a le sens du suspense avec une étonnante course-poursuite entre ceux qui, indirectement, ont été mêlés à l’incroyable découverte, et leurs adversaires qui recourent à toutes les formes de violence pour les faire taire définitivement. Où les Eglises - terme générique - font appel aux mafias mais où on voit aussi des sceptiques progresser sur le chemin de la foi. C’est aussi un vrai roman humain où les êtres sont de chair et de sang, sans pudibonderie ou hypocrisie, comme devraient l’être les Eglises par les temps qui courent.

C’est encore une réflexion utile sur le rôle des médias et sur les dérives d’une trop grande "électronisation". L’auteur nous propulse 8 ans en avant mais les périls sont déjà à nos portes

"Le manuscrit de Sainte-Catherine", Willy Deweert, Desclée de Brouwer et Editions Mols, 429 pp, 23 €

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