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Mis en ligne le 22/08/2011

Romans

Skoda

Seul rescapé d’un massacre, un jeune homme, Stjepan, revient à lui, entouré de camarades foudroyés, victimes des rafales tirées par un avion au cours d’un raid. A proximité du survivant, une voiture (dont la marque donne son titre au récit) à bord de laquelle gisent un homme et une femme, sans vie, eux aussi; mais, à leurs côtés, un bébé respire encore. Stjepan recueille l’enfant et part avec lui sur la route. En quel pays sommes-nous ? En Europe, ou ailleurs peut-être. Mais durant une guerre et "Skoda" est une fable sur cette tragédie de "l’horreur et de l’absurde au quotidien". Et où le lien qui s’établit entre le tout petit et son sauveur illustre la cohabitation de la vie et de la mort. Nouvelliste et romancier suisse ("Bzjeurd", "Je dis tue à tous ceux que j’aime" - titre qui est un clin d’œil à Jacques Prévert -, "La Marche du Loup", "La Cire perdue", "Lyon simple filature" - qui obtint le prix Bibliomédia en 2009), Olivier Sillig, né en 1951 et qui vit à Lausanne, est également cinéaste et slameur. Il signe avec "Skoda" un (très) court roman à l’écriture nue. Mais saisissante. (Fr.M.)

Olivier Sillig, Buchet/Chastel, 102 pp., env. 11 €

L’Estivant

Interdit de publication de 1973 à 1989, car faisant alors partie de l’opposition, participant à la vie littéraire clandestine, Kazimierz Orlos (Varsovie, 1935) est à la fois romancier, essayiste, journaliste, auteur de dramatiques radiophoniques et scénariste. Avec "L’Estivant" (publié en 2008 à Cracovie et dont c’est le premier livre traduit en français), cet écrivain - qu’on nous dit très populaire en Pologne - met en scène un vieil homme qui, avec émotion, retrouve deux lettres écrites cinquante ans plus tôt, lui qui se demande comment il a pu oublier son premier amour, Mirka, qu’il rencontra au cours des vacances des étés 1951 et 1952, au bord de la lagune de la Vistule. Dans l’une des lettres, la jeune fille lui annonçait qu’elle attendait un enfant; il n’y répondit jamais. Un demi-siècle plus tard, voilà cet homme se mettant à la recherche de son passé, "bouleversé par cette paternité qui resurgit dans ses vieux jours". Une recherche des jours anciens, un récit tout de nostalgie et de mélancolie, "comme une confession qui vient trop tard". Et une réflexion sur "la lâcheté vis-à-vis de nos proches".(Fr.M.)

Kazimierz Orlos, traduit du polonais par Erik Veaux, Les Editions Noir sur Blanc, 122 pp., env. 14 €

Le Vazaha sans terre

Avec "Le Vazaha sans terre", Michel Rio (né en Bretagne en 1945, écrivain des plus féconds, romancier autant que dramaturge, essayiste et conteur - lauréat du prix Médicis en 1992 pour "Tlacuilo" mais qui se tient, depuis plus de trente ans, à l’écart des chapelles littéraires et médiatiques) livre le sixième volet d’un "cycle contemporain raconté à la première personne, mélange de fiction et d’autobiographie couvrant une bonne partie de la vie du narrateur". Rappelons que d’une enquête d’un de ses inquiétants personnages, Francis Malone, il existe une excellente (et bien trop peu connue) transposition (scénarisée par ses soins) en bandes dessinées par Pierpaolo Rovero, parue en 2007 en deux albums chez Casterman, "Faux-pas" et "La raison du monde".(Fr.M.)

Michel Rio, Fayard, 152 pp., env. 16 €

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