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Rencontre

A contre-courant

C.P.

Mis en ligne le 29/08/2008

Pour vous, la rentrée littéraire n'est que stratégies commerciales ? Vous ne cautionnez pas ces auteurs dont les livres, avant parution, sont déjà des best-sellers ? Alors, pensez à la littérature alternative et aux petites maisons d'édition qui, elles aussi, font leur rentrée.

Chez les jeunes éditions franco-belges du Cygne - cinq ans cette année -, dans la collection "Le Chant du Cygne", parait un roman de Laura Berent. Journaliste et conceptrice multimédia de profession, cette auteure belge cultive le côté alternatif par une littérature relativement politiquement incorrecte. Membre de l'ASBL "Fatidik" qui a pour but "la promotion et le soutien d'artistes plasticiens de la nouvelle figuration", Laura Berent amorce dans "Expérience sous vide" (132 pp., env. 15 €) une critique de la société de consommation après la parution de "Méchantes filles". D'une écriture orale et spontanée, elle fait passer ses personnages d'une vie idyllique à la situation la plus sordide qui soit : Dolores, sur le point de se marier avec Igor, est soudainement enlevée par une vieille dame qu'elle avait rencontrée pour lui donner sa collection de poupées.

Pourquoi écrire à visage couvert, sous un pseudonyme ?

C'est tout à fait naturel. Dans ma vie professionnelle, je suis journaliste, donc j'écris des choses vraies, dans ma vie d'auteure, j'écris de la fiction. J'aime faire la part des choses et que l'un n'empiète pas sur l'autre.

Ce roman est un mélange étrange de situations qui dérapent vers un cauchemar absolu...

Le fil conducteur est quand même l'amour mais c'est vrai que je m'inspire des faits divers et de la surmédiatisation de drames terribles, presque irréels. Le regard que Dolores pose sur les choses est parfois excessif pourtant, même si elle s'approche de la caricature, il y a un fond de vérité. Cette course à la beauté à tout prix, la surconsommation, la malbouffe, telles qu'elles sont véhiculées, ont parfois l'air épouvantables, au point qu'on croit que c'est exagéré. Je fais le portrait de gens qui ne s'adaptent pas très bien à cette société moderne. Ce sont des adultes qui ne veulent pas grandir. D'ailleurs, le thème des adolescents est dans l'air du temps.

La critique est assez amère...

Ce sont les points de vue des personnages et je ne pouvais pas concevoir Dolores autrement qu'en colère. En même temps, j'aime forcer le trait et ne prétends pas que ces personnages aient plus de lucidité que d'autres. C'est un roman, pas un pamphlet.

La poupée est une récurrence délibérée ?

Oui. c'est le symbole de nombreuses choses. De la femme objet qui n'a jamais autant été esclave que depuis qu'elle s'est soi-disant "libérée". Les normes contemporaines sont celles des poupées Barbie, grandes, minces, bien coiffées, bien habillées, comme des princesses... C'est aussi le symbole de l'enfance.

Des projets ?

J'écris un thriller, mais c'est un très long processus et je ne sais pas quand je le terminerai mais j'ai aussi un livre de "cuisine" en préparation. Construit comme une recette, en quatre-quarts, il aura pour thème principal les gourous de notre monde moderne : Internet, les blogueurs et la publicité. Mêlant des éléments qui m'interpellent, ce sera plus fantastique.

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