La Libre.be > Culture > Livres > Article
Jeunesse
Le noir plaît (aussi) aux ados
Laurence Bertels
Mis en ligne le 15/03/2010
S’il est réussi, un premier roman laisse souvent des traces dans l’œuvre d’un auteur. "Shalom salam maintenant" appartient à cette famille. "C’est un premier livre avec tout ce que cela comporte de plus personnel, de plus chargé", nous dit Rachel Corenblit qui a grandi à Jérusalem au rythme des bombardements et au son de l’angoisse. Nourri de sa jeunesse, ce récit rappelle, par son angle d’attaque, "Une bouteille dans la mer de Gaza", échange de mails entre une jeune fille juive et un jeune Palestinien imaginé par Valérie Zenatti.
Camille, d’origine juive et Chaïma, palestinienne, sont au chevet de leurs grand-mère ou grand-oncle dans un hôpital, à Toulouse. Elles se racontent leurs histoires sans savoir qu’elles sont liées. Voyage dans le temps et dans l’espace, "Shalom salam maintenant" nous emmène en 43 à Chichilianne dans le passé de David, en 48 à la frontière cisjordanienne aux côtés de Yashin ou encore en 53 à Jérusalem avec Léah. À mi-chemin entre le drame et l’humour. Entre autres. Plus près du drame, malgré tout.
Depuis ce manuscrit envoyé à trois maisons d’édition, qui l’ont toutes accepté, Rachel Corenblit, enseignante à Toulouse, ne cesse de tremper sa plume elliptique dans l’encre du réalisme. Éditée au Rouergue, où elle a inauguré la collection "doAdomonde" avec "Shalom...", elle surfe sur la vague de l’inspiration. Et vient de publier "Un petit bout d’enfer", dans la collection "doAdoNoir". Un texte sans concession, dans le ton de "C’est arrivé près de chez vous", l’humour en moins. "J’ai adoré ce film, je l’ai vu au moins cinq fois", nous dit l’auteure emportée sans le savoir dans cette descente au cinéma d’horreur où les jeunes filles risquent de faire de très mauvaises rencontres.
"Un petit bout d’enfer" parle aux adolescents avides de sensations fortes. Deux destins qui se rencontrent, une vie en devenir, l’autre qui se conjugue au passé, du sang, des coups de fusil tirés à bout portant et, pourtant, une intrigue, une logique, une construction narrative complexe mais cohérente et une lueur d’espoir, pour la jeunesse, malgré tout. "Les adolescents sont à l’âge où ils aiment jouer avec les frissons et les limites. Ils aiment le cinéma d’horreur. Le noir est un genre qui leur plait mais il faut que cela vienne de loin pour les intéresser. Il faut être exigeant, authentique, tripal , je veux dire des tripes. Tout est exacerbé à l’adolescence, les joies et les détresses ", pense Rachel Corenblit qui a désormais posé ses valises à Toulouse et qui s’y sent bien.
L’auteure prolifique ne s’intéresse pas seulement aux adolescents. "Le métier de papa", roman illustré par Nikol en collection "zigZag", s’adresse aux plus jeunes en restant proche de la vraie vie comme en témoignent les soucis de Paolo. Tous les papas ont un métier. Ils sont coiffeur, plombier, vendeur de pizza Celui de Paolo est prisonnier. Très beau roman sur la résilience, ce petit livre bourré de pudeur vous prend à la gorge, sans crier gare. Cinq beaux personnages, dont le papa de Magnolia, fan de Claude François, aident à pardonner même si la route est parfois sinueuse.
Un petit bout d’enfer Rachel Corenblit Le Rouergue 140 pp., env. 8 €. Dès 13 ans
Le métier de papa Rachel Corenblit Le Rouergue 90 pp., env. 6 €. Dès 9 ans
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...