Jacqueline Harpman est décédée

BELGA Publié le - Mis à jour le

Livres L'écrivaine et psychanalyste belge Jacqueline Harpman, prix Médicis 1996 pour "Orlanda", est décédée jeudi à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé sa famille, citée par l'agence de presse belge Belga.

Jacqueline Harpman participait jusqu'il y a peu au jury du prix Rossel, l'un des plus importants de Belgique, qu'elle avait remporté en 1958.

Née à Etterbeek (Bruxelles) le 5 juillet 1929, Jacqueline Harpman a vécu les années de guerre au Maroc, où son père, juif d'origine néerlandaise, avait décidé de se réfugier. Après un début d'études en médecine, elle se voue à l'écriture.

Dès 1958, l'éditeur René Julliard la pousse à écrire des nouvelles et son premier roman, "Brève Arcadie" en 1959, prix Rossel, est qualifié de nouvelle "Princesse de Clèves" par la critique.

Après "L'Apparition des esprits" (1960) paraît "Les Bons sauvages" en 1966 qui passe inaperçu. Elle cesse d'écrire et trouve une voie nouvelle, la quête de la "réponse exacte", la psychanalyse.

"La Mémoire trouble" inaugure en 1985 une deuxième période littéraire. Ambiguïté, subtilité des sentiments, férocité vont de pair avec l'humour. Après "La Fille démantelée" (1990), "La Plage d'Ostende" (1991), l'un de ses romans les plus célèbres, évoque férocement la relation entre une femme et un homme plus âgé.

Ses nouvelles "La Lucarne" s'appliquent à démythifier les grandes figures féminines.

En 1995, son roman "Moi qui n'ai pas connu les hommes", fable insolite sur 40 femmes enfermées dans une cave au lendemain d'une catastrophe non nommée, a manqué le Prix Femina.

Jacqueline Harpman prend sa revanche un an plus tard en remportant le Médicis avec "Orlanda" (Grasset), ex-aequo avec Jean Rolin.

Dans ce roman, Aline Berger attend dans un café gare du Nord en lisant "Orlando" de Virginia Woolf. En face, un beau garçon blond. Elle choisit d'accomplir l'impossible: sa part masculine abandonne son corps de femme pour celui du garçon.

A la fin d'Orlanda, une phrase: "Je n'ai jamais eu la prétention d'écrire des histoires moralement correctes". Jacqueline Harpman avait fait sienne cette devise.

Ces dernières années, elle a notamment publié "Ce que Dominique n'a pas su" (Grasset, 2007) et "Mes OEdipe" (Grand Miroir, 2006).

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