Le 21e Amélie Nothomb fait pschitt

Guy Duplat Publié le - Mis à jour le

Livres

Faut-il encore parler du roman annuel d’Amélie Nothomb ? Après vingt ans de succès, les jeux sont faits. L’écrivaine au curieux chapeau a son armée de lecteurs fidèles qui l’achèteront, quoi qu’il arrive. Et les autres ne changeront pas leur avis négatif sur la serial romancière. La critique n’y changera rien.

Le seul suspense est de découvrir les nouveaux prénoms inventés, comme à chaque fois, par Nothomb. La moisson 2012 propose comme prénoms à ne jamais donner à vos enfants : Saturnine et, pour un homme, Elemirio. Pas mal non plus, on y trouve Milaine (un homme) et Emeline. Pour le reste, Amélie ne s’est pas fatiguée. Elle recycle le face-à-face de l’ingénue et de l’assassin comme dans son opus initial, "Hygiène de l’assassin". Ici, une jeune historienne de l’art, Belge, répond à une offre de colocation d’un noble espagnol qui s’avère être le meurtrier déjà de huit femmes et qui interdit d’entrer dans une des chambres de son hôtel particulier. On retrouve aussi ses obsessions pour le bon champagne (vous connaîtrez les meilleurs Krug et Dom Perignon), les œufs et les desserts (le saint-honoré a ses préférences). Côté dialogues, on a droit à quelques répliques aussi vides que "Si je finis votre saint-honoré cela vous guérira-t-il de votre amour ?", ou "L’inventeur du champagne rosé a réussi le contraire de la quête des alchimistes : il a transformé l’or en grenadine".

Si vous avez deux heures et 16,50 euros à dépenser, vous saurez quel est le secret caché derrière la porte noire, pourquoi les couleurs sont si importantes dans ce roman et si Saturnine échappe au destin des huit autres femmes. Sinon, vous n’aurez rien perdu. On avait bien aimé son roman précédent ("Tuer le père"), mais celui-ci est un conte loufoque et abracadabrant qui fait pschitt comme une bulle de champagne et ne donne pas l’ivresse.

Barbe bleue Amélie Nothomb Albin Michel 180 pp., env. 16,50 €. En librairie le 22 août

La version Audiolib (19,85 €) sort simultanément, lue par Claire Tefnin.

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