Tarzan a 100 ans

Francis Matthys Publié le - Mis à jour le

Livres

Rares, très rares sont les auteurs - écrivains ou artistes - qui auront mis au monde des personnages qui se virent hissés au rang des mythes. Sans remonter au Déluge et pour n’en citer que l’un ou l’autre, songeons à Conan Doyle pour Sherlock Holmes, Charlie Chaplin pour Charlot, Hergé pour Tintin, Ian Fleming pour James Bond. Libre à vous d’allonger la liste en vertu de vos affinités, y ajoutant Zorro ou Mickey, Harry Potter ou King Kong, Hercule Poirot ou Superman , Dracula ou Snoopy, Lolita ou Peter Pan, voire la Milady d’Alexandre Dumas.

Tarzan appartient naturellement à ce cercle envié. Sa célébrité s’est bien sûr cent fois centuplée grâce à la transposition du personnage littéraire à l’écran, puis en bandes dessinées, au point de reléguer aux oubliettes les écrits de son père spirituel.

Hé oui, Tarzan est d’abord un héros de romans ! Romans que, dans une édition admirablement établie par le très érudit Claude Aziza (que l’on rangera aux côtés des ouvrages du regretté Francis Lacassin sur le même fascinant sujet), Omnibus republie en un volume qui contient les cinq premières aventures du beau mâle bodybuildé qui fait fantasmer depuis demain 100 ans. C’est en octobre 1912, en effet, dans les pages du magazine populaire "The All-Story", avec "Tarzan, seigneur de la jungle", qu’Edgar Rice Burroughs (né à Chicago le 1er septembre 1875, mort à Encino, Californie, le 19 mars 1950) commença la publication des exploits de John Clayton III, lord Greystoke, qui, à 13 mois, à la suite d’un naufrage, fut recueilli dans une forêt africaine par une tribu de grands singes qui vont l’adopter. Puis l’élever. Ce n’est qu’adulte qu’il sera pour la première fois confronté aux humains, notamment la troublante Jane qui deviendra sa compagne. Tarzan, insistons-y, doit largement sa prodigieuse popularité aux films tirés de ces romans, surtout ceux, en noir et blanc, à fort potentiel érotique latent, où il est incarné (ci-contre) par un Johnny Weissmuller si beau qu’on l’eût dit né du ciseau de Michel-Ange. Lex Barker, Gordon Scott, Miles O’Keefe et autres Christophe Lambert lui prêteront à leur tour leurs plastiques suggestives. Pour honorer sa mémoire, son plus magistral illustrateur, Burne Hogarth, a défini au mieux le créateur de Tarzan : "Burroughs était un conteur de fables, un tisseur de rêves". Tarzan, mine d’or pour la psychanalyse, dont le cri vole de liane en liane du fin fond des forêts.

La Légende de Tarzan Edgar Rice Burroughs traduit de l’anglais (américain) par Marc Baudoux, édition établie par Claude Aziza Omnibus 1184 pp., env. 29 €

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