Médias/Télé "L’utopie des images de la révolution russe" **, un documentaire à voir ce mercredi sur Arte, à 22h25.

Pour les cinéphiles autant que pour les férus d’Histoire russe, ce documentaire d’Emmanuel Hamon écrit par Thomas Cheysson, coproduit par Arte et Les Poissons Volants, a été sélectionné à la 74e Mostra de Venise. Il raconte et célèbre en images la liberté de création totale durant les deux décennies qui suivent la révolution russe. Des fictions soviétiques tournées de 1917 à 1934 "sans pellicule avec des gens qui ont froid et faim" d’une beauté et d’une force rares. Février 1917, le tsar est arrêté. Le cinéma sort dans la rue et accueille la révolution avec joie. La révolution artistique est portée par des réalisateurs, des acteurs, des techniciens, des poètes qui sont à la fois les protagonistes et la voix du film. C’est sa singularité.

Voitsik, Maïakovski, Koulechov…

Ce récit débute avec la voix de Virginie Efira : "La Russie a bouleversé le début du XXe siècle avec deux révolutions : l’une était politique, la seconde était cinématographique". La comédienne belge est Ada Voitsik, une jeune actrice russe qui a interprété son premier grand rôle en 1927. Ses réflexions - fictives - d’artiste et de témoin se mêlent à celles d’autres artistes du moment pour raconter l’époque foisonnante du cinéma muet russe. Celle du poète Vladimir Maïakovski qui propose des scénarios et joue les rôles principaux, celle de Lev Koulechov, Aelita… "Pendant les premières années de la révolution soviétique, tout était lié : la vie, les corps, l’amour, l’idéologie, la politique, la propagande, les fantasmes. C’est ce que ce film raconte. Le film nous permet d’entrevoir un monde qui devait être inventé avant sa création, avec passion et une conviction inébranlable que les représentations sont puissantes et que l’art, la beauté et la grandeur - toutes les images - sont des outils convaincants de persuasion, explique Emmanuel Hamon . Sans aucun doute, les films sont le meilleur moyen d’atteindre cet objectif. Ces jeunes pionniers du cinéma soviétique ont été les premiers à le comprendre. Ils étaient animés d’une liberté qui leur permettait d’inventer un cinéma d’avant-garde, politique, un cinéma qui montrait la lumière à la société et la conduisait hors des ténèbres".

Jusqu’au 22 novembre, Arte célèbre les 100 ans de la révolution russe avec une programmation mêlant documentaire, spectacle et cinéma.