"24h01", pari à contre-courant

P.-F. L. Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Rouvrir calmement les yeux sur le monde. Se donner du temps, s’offrir de l’espace. Respirer et réfléchir. Surtout, ralentir le rythme effréné de l’actualité pour mieux l’observer, l’analyser, la digérer… "24h01" est tout ça à la fois. Lancé hier soir au Wiels, espace bruxellois mêlant tradition et modernité, "24h01" est le premier "mook" - contraction de "magazine" et "book" - à faire son apparition en Belgique francophone. Un pari audacieux.

Ce pari est né, voici quelques mois, au sein d’un petit cercle de journalistes aspirant à renouer avec la tradition du "slow journalism". Il s’inspire d’expériences menées dans le monde anglo-saxon et francophone ("la" référence étant le trimestriel "XXI"). Au printemps dernier, les concepteurs de "24h01" lançaient un appel de fonds auprès du grand public. Avec succès (10 000 euros au lieu des 7 000 escomptés). Soutenue aussi par la Communauté française et la générosité d’un imprimeur, l’aventure de "24h01" pouvait commencer.

Le résultat est séduisant, sur le fond comme sur la forme. Au fil de 200 pages dépourvues de toute publicité, les récits conduisent le lecteur aux quatre coins du monde : au Caire (avec les dessous chics des jeunes femmes), à Athènes (dont la jeunesse fuit la crise), à Gaza (avec une galerie de portraits), en Chine (dont les jeunes tentent de participer au "miracle économique"); mais aussi à Tintange (avec un photo-reportage dédié à un forestier), à Bruxelles ("by night") ou encore à Liège (parmi les "sacrifiés" de Mittal).

"24h01" explore aussi, avec un regard renouvelé, des enjeux sociétaux et environnementaux (marchands de sommeil, obsolescence programmée, gaz de schiste…). S’y ajoutent humeurs, reportage BD, portraits. Et d’autres choses encore, dont un foisonnement de travaux d’illustrateurs et de photographes.

Autant d’auteurs qui ont accepté de travailler… bénévolement pour voir naître ce premier numéro. De quoi faire grincer certaines dents dans la profession. "C’était la seule façon de nous lancer, rétorque Nathalie Cobbaut, rédactrice en chef. Mais notre ambition, si le public nous suit, est bien entendu de rémunérer les contributeurs professionnels dès que nous en aurons les moyens." Pour l’heure, tous les moyens disponibles seront réinjectés dans le projet afin que le numéro 1 soit suivi de deux autres numéros en 2014.


En vente à 17,50 € dans un réseau de librairies (liste sur www.24h01.be).

Publicité clickBoxBanner