Médias/Télé Suite à la plainte d’un téléspectateur, l’instance de contrôle a jugé que bien qu’en tort, le service public a agi de bonne foi.

L’affaire avait fait du bruit en octobre dernier. Ce mois-là, le 23, la Une (RTBF) diffusait le film 50 nuances de Grey. Programmé en première partie de soirée, à 20 h 30, sa diffusion était accompagnée d’une signalétique le déconseillant aux moins de 12 ans. Ce choix avait heurté un téléspectateur. Celui-ci avait porté plainte au CSA, estimant que le long métrage en question, racontant la relation entre un homme d’affaires milliardaire (Christian Grey) et une étudiante en littérature (Ana) sur fond de sadomasochisme, aurait dû être déconseillé aux moins de 16 ans comme c’était le cas au moment de sa projection en salle. Et cela en raison des scènes à caractère érotique qui y sont montrées. Au regard de la législation en vigueur, cette classification n’aurait pas permis sa programmation en télévision entre 6 et 22 h.

Après avoir entendu le juriste de la RTBF et la médiatrice du service public, par ailleurs également présidente du comité de signalétique, le CSA a conclu le 13 juillet dernier, que le reproche formulé contre la RTBF n’est pas établi. Dans sa décision, l’instance de contrôle remarque que depuis 2013, il n’y a plus de lien opéré entre classification pour les salles de cinéma et pour la télévision. En revanche, il juge que 50 nuances de Grey présente bien "des scènes à caractère érotique qui justifient une mise en garde du public sur le caractère potentiellement inapproprié du film pour les mineurs de moins de 16 ans". Il ne donne cependant pas raison au plaignant, estimant que la RTBF n’a pas agi à la légère dans la classification attribuée à l’œuvre diffusée. L’éditeur a pris le soin d’entendre des personnes supplémentaires lorsque les avis de son comité de visionnage se sont avérés partagés, souligne la décision du CSA.

Ce dernier a donc estimé que la RTBF n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en appliquant une signalétique déconseillant son programme aux moins de 12 ans. Toutefois, il met en garde cette dernière qui ne pourra plus se prévaloir de la bonne foi de son comité de visionnage pour classer de la sorte un programme comportant des scènes à caractère érotique et susceptibles de nuire à l’épanouissement des mineurs de moins de 16 ans.

On se souvient qu’en France, la diffusion de 50 nuances de Grey sur TF1, à une heure dite familiale, avait aussi provoqué des remous. Moins en raison de la signalétique utilisée - moins de 12 ans - que des scènes coupées. À l’époque, Mathilde Alet, secrétaire d’instruction du CSA, s’était déclarée "assez étonnée du choix français. Cela donne une impression de censure".