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Qui a dit que notre jeunesse était molle et rebelle? Qu'une fois son argent en poche, elle n'avait plus d'autres préoccupations que de zoner ou de consommer? Pourtant, le 23 avril, les amis du jeune Joe Van Holsbeeck montraient, grâce à leurs réseaux efficients, qu'il fallait compter avec leur réactivité et leur capacité de mobilisation, leur volonté citoyenne aussi.

S'il y a bien une émission qui n'a pas attendu la mi-avril 2006 pour se mettre à leur écoute, c'est «Quand les jeunes s'en mêlent», diffusée le samedi après-midi sur La Première. Depuis sa création en septembre 2003, son but est de «faire entendre la voix des jeunes» et de «restaurer le dialogue avec les adultes et les institutions».

Rencontre «sur le terrain»

Pour la troisième fois, l'équipe de David Lallemand quitte son studio pour aller à la rencontre d'un large public, jeunes et adultes confondus. Ce samedi, «QLJ» sera en direct du Bozar où se tient, dès 9h, le colloque sur le thème «Qui sont les jeunes? Que veulent-ils?». «C'est une façon de montrer que l'on garde le contact avec tous ceux qui se sont confiés à nous, explique le journaliste David Lallemand. On a prouvé qu'on peut fédérer les responsables politiques. Il faut montrer qu'il y a moyen de sortir du cadre de l'émission pour agir.» Une journée spéciale dont l'émission (diffusée en direct, entre 15 et 17h) fait partie intégrante.

«Le colloque sera bâti sur le modèle de la 100 éme , avec des jeunes qui interviennent et animent et des invités choisis en fonction de leurs souhaits.» Sont ainsi annoncés: Pie Tshibanda, Fatoumata Sidibé, Jacques Duez, Béa Diallo, Sam Touzani, Jean-Luc Fonck,...

Sur base d'un questionnaire établi par un groupe de jeunes, assistés du sociologue Bernard Pètre, une vaste collecte de témoignages a été organisée par différents biais (presse, cartes postales, emails, sites particuliers, etc.) En prélude à cette rencontre, Bernard Pètre a fait part de ses premiers constats et des lignes de force qui se dessinent. Citant, notamment, «l'énorme déséquilibre entre la connaissance des problèmes qui touchent les jeunes et la méconnaissance des politiques engagées; l'impression que les adultes sont impuissants face à l'évolution de la société mais aussi le sentiment d'être exclus de l'échange, si bien que le projet des jeunes en est réduit à «trouver une place» dans la société».

Y donner suite... demain

Durant la 100 éme émission en février, était pointée du doigt la «difficulté de se faire entendre quand on ne représente pas une force ou un danger» soulignée par Gino Russo. Peu après, le jeune Sébastien pointait du doigt le «problème de l'individualisme accru et de la place croissante de la consommation...»

Sans le drame de la mort de Joe, il y a fort à parier que personne ne se serait autant intéressé à la déferlante, ni même au «péril jeune». Un constat qui peut sembler écoeurant... Mais si ces circonstances odieuses permettent aux demandes profondes des jeunes d'être entendues et rencontrées, une partie, au moins, des 80 000 manifestants du 23 avril ne sera pas descendue dans la rue en vain...

© La Libre Belgique 2006