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La dernière enquête en date (lundi à 20 h20 sur La une) a touché le quatuor de "A tort ou à raison" en plein cœur. Yvan Maransart était en effet accusé d’avoir tué de sang froid Tarkan Terzi, un jeune homme croisé précédemment dans le cadre d’une affaire de violence intrafamiliale. La bavure policière semblait d’autant plus avérée que le commissaire Maransart (campé par le Belge Bernard Yerlès) n’était pas insensible au charme de la jeune Hellin, soustraite à la violence de son frère. Faisant corps avec leur ami, Florence (l’avocate), Joëlle (la juge) et Mathieu (le journaliste) ont tout mis en œuvre afin d’innocenter Yvan. La menace qui pesait sur lui (il risquait tout de même une condamnation à 15 ans de prison) a en effet réveillé chez chacun d’eux le spectre douloureux de l’affaire dite "de La Valoise", du nom d’un groupe pharmaceutique de premier plan.

A l’époque, malgré sa détermination, le quatuor (naïf, mal préparé) avait échoué à faire rendre justice à Jérôme, qui avait accepté d’être cobaye pour La Valoise en testant un nouveau médicament. Le souvenir du procès perdu, contre le puissant laboratoire responsable de la maladie de Jérôme, les hante encore aujourd’hui. S’intéressant au fonctionnement de la justice lorsqu’elle se heurte à la raison d’Etat, "L’Affaire Maransart" a donc permis, en outre, d’explorer le lourd secret qui soude les quatre protagonistes, ainsi que les sentiments de chacun, dont certains ont guidé leurs choix d’adultes. Un élément certainement clef pour aborder la suite de cette série judiciaire 100 % belge.

Cherchant à s’imposer dans la cour des grands, "A tort ou à raison" se distingue par l’alchimie régnant entre ses quatre personnages principaux, même si on aimerait qu’une plus grande attention soit portée aux seconds rôles (conjoints, enfants, amis). Car c’est la marque des meilleures séries. Après un pilote plutôt bluffant, la série RTBF a opté pour un plus grand réalisme dans ses six épisodes suivants, un choix bienvenu si l’on excepte quelques (inévitables ?) baisses de rythme.

Présentée la semaine dernière à la presse française dans le cadre du Festival de Luchon, la série a recueilli de très nombreux suffrages auprès des festivaliers comme des professionnels. La salle était pleine pour découvrir "L’Affaire Sainte-Maxime" présentée en sélection coup de cœur. Après un joli tour de piste en Belgique, "A tort ou à raison" sera proposée dès le 25 février sur France 3 (rediffusion du pilote "L’Affaire Leïla", suivie des 6 épisodes produits en 2011, dès le 3 mars). Huit épisodes (soit quatre nouvelles "affaires") sont déjà en cours d’écriture pour la saison 2.