Médias/Télé La Une du numéro de Charlie Hebdo qui sortira ce mercredi a été dévoilée. Et elle fait déjà couler beaucoup d'encre. On y découvre une caricature d'Edwy Plenel, président et co-fondateur de Mediapart, accompagnée du texte: "Affaire Ramadan, Mediapart révèle: "On ne savait pas".

Ce dessin fait directement référence aux propos de Manuel Valls qui avait déclaré il y a quelques jours à propos de Tariq Ramadan: "Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamiste, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit !"

Depuis le début des accusations contre Tariq Ramadan, la "complaisance" dont aurait fait preuve Edwy Plenel à l'égard de l'islamologue est pointée du doigt par certains. 

Edwy Plenel a rapidement réagi à cette Une. "L'affiche rouge de Charlie contre Mediapart. "Ils peuvent me haïr, ils ne parviendront pas à m'apprendre la haine" (Romain Rolland)"

En fin d'après-midi, Mediapart a réagi par le biais d'un communiqué de sa société des journalistes posté sur son site internet. Après avoir réaffirmé son soutien à la rédaction de Charlie Hebdo, menacée après la couverture de la semaine passée qui illustrait Tariq Ramadan, le communiqué de Mediapart a rappelé que la liberté d'expression "ne donne pas licence pour désinformer et calomnier".

Mediapart s'indigne de l'accusation cachée derrière cette Une, sous-entendant que le groupe et plus particulièrement Edwy Plenel aurait couvert des viols. Si le média admet que Charlie Hebdo a le droit de publier cette caricature, il insiste: "ce qu'elle affirme est faux et infamant. Mediapart a longuement enquêté sur Ramadan (...), la rédaction n’a jamais eu connaissance de la moindre accusation de harcèlement, d’agression sexuelle, ni de viol."

La SDJ conclut en indiquant: "Il serait ridicule qu’elle (la libération de la parole des victimes, ndlr) devienne une « affaire Mediapart ». La lutte contre les violences sexistes, machistes et sexuelles vaut mieux que les règlements de comptes entre journaux séparés par des désaccords éditoriaux."

Cette Une n'a, en tout cas, pas fini de faire parler d'elle puisque même l'acteur Gérard Depardieu s'est fendu d'un tweet assassin concernant Plenel et Mediapart.