Médias/Télé

L'adolescence donne des envies de matricide à Stéphanie (Carole Deffit sur le pied de guerre). Sa mère (Félicité Wouassi, très juste) est toujours «trop bête, trop effacée, trop laide» à son goût. Jamais assez bien pour elle qui n'en peut plus de grandir sans l'ombre de son «vrai père» et ne sait plus comment le faire payer à sa génitrice.

De son côté, Cécile (épatante Irène Ismaïloff), chassée de chez elle à cause d'un chantier exagérément long, croit retrouver dans sa chambre de jeune fille le cocon de son enfance. Mais entre son père et sa mère, la guerre de la «vieillesse» est déclarée et la jeune femme voit sa mère encaisser sans broncher. Incrédule, d'abord, mais bien vite écoeurée, elle entreprend de sauver sa mère, malgré elle...

Quant à Adèle (troublante Manuela Gourary), elle se retrouve seule à Paris après trente ans d'exil sous le soleil auprès de l'homme qu'elle aimait. Son espoir: retrouver sa fille, «sacrifiée» à trois mois, à son amour absolu. Devenue femme et mère elle-même, Delphine (touchante Lysiane Meis) voudra-t-elle de ces retrouvailles tardives?

Croisant avec finesse et talent ces trajectoires de femmes, Laurent Firode compose avec La Pomme de Newton ** une fresque moderne de la multiplicité des relations entre mères et filles. La force de son écriture, saluée par le prix du scénario 2005 lors du Festival de la fiction TV de Saint-Tropez, est de parvenir à mêler étroitement ces trajectoires distinctes tout en veillant à en développer la singularité.

Ainsi chaque binôme explore-t-il la relation unique d'une mère à sa fille tout en reflétant la gamme et la variété des relations existantes. Une mère, une fille: une infinité de possibilités, semble dire Laurent Firode. Et pourtant, cette multiplicité est reflet d'une question universelle.

C'est tout le sel de cette thématique développée en trois temps (les 9, 16 et 20 juin) au fil de trois fictions très différentes portées par un homme (Laurent Firode, ce vendredi) et deux femmes (Virginie Wagon le 16 et Moufida Tlatli le 20 juin).

Chaque téléfilm parle de moments de vie précis (l'enfance, l'adolescence, la maturité, la ménopause, la retraite) en croisant les particularités pour mieux rendre compte de leur richesse et de leur diversité. Un thème sans religion ni frontière qui parle aux hommes comme aux femmes du chemin de la vie.

© La Libre Belgique 2006