Albert II: abdiquer ou ne pas abdiquer

Christian Laporte Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Encore toute remuée, "tout chose" du carton plein réalisé par leur reportage choc sur le prince Laurent qui avait réuni 675 000 téléspectateurs avec une pointe à 772 000, l’automne dernier, l’équipe de "Questions à La une" se devait de remettre un sujet royal en exergue dans sa nouvelle saison. Et de préférence en début d’icelle question de provoquer un effet d’entraînement. Encore fallait-il en dénicher un qui permette d’apporter des éléments neufs et originaux tout en remuant les esprits pour titiller l’audimat.

Revenir sur l’information du "Soir" qui voici quelques mois annonça avec beaucoup de conviction que le roi Albert descendrait du trône le 21 juillet 2013 pouvait être une bonne option.

Mais pour autant évidemment que l’on puisse avancer des éléments originaux confirmant le pronostic du quotidien de la rue Royale. Et là, force est de constater que si Danielle Welter n’a pas ménagé ses efforts, elle n’a pas pu trouver d’interlocuteur dans ce sens, ni dénicher même des arguments décisifs.

Ainsi pas plus que lorsque l’information fut publiée, les hommes et femmes politiques n’ont donné d’indication positive. Ni en "on" ni en "off". Pire, pour Joëlle Milquet (CDH), ce fut même "un non-événement" qu’il ne vaut pas la peine de commenter.

En fait, il émerge assez vite du reportage sur l’hypothétique abdication H que l’on n’attend pas vraiment un changement d’un chef de l’Etat qui joue parfaitement son rôle. Et qui, s’il est sans doute sorti quelque peu de son rôle, comme l’a souligné Marc Uyttendaele, n’en a pas moins contribué à sortir la Belgique de l’interminable crise politique. Et les uns et les autres de rendre hommage à son discours "couillu" du 21 juillet 2011. La palme de la synthèse revient à l’ex-président d’Ecolo, Jean-Michel Javaux qui dit qu’Albert II est bien convaincu que "la Belgique n’est pas un pays de Bisounours"

On en a l’illustration dans la suite du reportage car Danielle Welter a pu suivre Bart De Wever et ses supporters lors de son tour de Flandre estival préélectoral. Sans surprise, le président de la N-VA explique tout de go qu’Albert II en plaidant pour le statu quo est bêtement l’allié du Parti socialiste qui est son bouc émissaire chéri. Par les lois de la transitivité, il rejette donc aussi le Roi dont un quart - ou plus ? - de son électorat apprécie pourtant toujours la présence. Ce qui explique que les séparatistes flamands brocardent volontiers l’institution monarchique mais ne critiquent pas le Roi que le bras droit de De Wever, Ben Weyts avoue apprécier comme homme ! Nettement moins glorieux sont les microtrottoirs où de braves Flamands se laissent aller à propos de "leur" vision du Roi. Pas vraiment plus éclairants que ceux des Wallons qui au début du reportage apportent aussi leur grain de sel basé aussi sur des on-dit et des rumeurs répercutés par une certaine presse. C’est évidemment ici qu’on aurait voulu que l’on donne bien plus la parole à Vincent Dujardin ou à Francis Balace plutôt qu’à Herman Van Goethem, certes auteur d’un livre d’analyse remarquable sur la monarchie mais qui ne connaît visiblement pas l’évolution récente du Palais.

Le reportage se concentre ensuite sur le prince Philippe suivi lors d’une mission économique au Japon mais là encore, on a eu une drôle d’impression de déjà-vu d’un reportage du magazine qui se focalisait déjà sur le prince héritier. Comme à l’époque, on y voit que l’entourage du Prince - Ghislain d’Hoop alors, John Cornet, ici - veille à le préserver de micros trop insistants et surtout de questions politiques embarrassantes auxquelles il ne pourrait opposer qu’un refus poli. Il aurait été bien plus intéressant de s’attarder davantage sur l’évolution du Prince depuis vingt ans et les résultats glanés lors de ces missions plutôt que sur son langage corporel.

Bref, nous sommes restés sur notre faim. L’on ose penser que le second reportage sur la liste civile et les dotations princières dont on n’a pas pu découvrir la teneur, ni contacter l’auteure, sera plus proche de ce qu’on aime dans "Questions à La une" : une impertinence pertinente et pleine de surprises. Tant qu’à faire, un petit coup de pub déjà pour "C’est du Belge" : ce vendredi, il présente un roboratif portrait de la princesse Lilian. Sans concession à quiconque et parfaitement équilibré

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