"Allochtoon" banni de "De Morgen"

V. Van Vyve Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

"Qui vient d'ailleurs". Voilà la signification du mot "allochtoon" (Ndlr allochtone), datant de 1971, qui trouve ses racines dans le grec ancien. "Celui d'ailleurs" induit de facto "celui d'ici". "C'est une manière exclusive et binaire de labelliser les gens", soulève Wouter Verschelden, le rédacteur en chef de "De Morgen".

Selon ce dernier, cette logique est doublée d'une définition "vague" du terme. Qui, dès lors, range-t-on dans cette case ? "Ni les Français, ni les Néerlandais, ni les Allemands", remarque-t-il. "Les Musulmans, les personnes peu éduquées. les pauvres. les Arabes. Les Nord-Africains. Les non Européens". Soit des minorités de notre Plat-pays. "Nous devons avouer que le mot 'allochtoon' est une façon pratique pour désigner une importante minorité du pays ou d'une ville". Une formule dont se contentent de nombreux médias, notamment dans le cadre des élections communales.

Mais le rédacteur en chef de "De Morgen" voit dans ce terme une facilité dont son journal ne s’accommode désormais plus. "Le côté pratique n'est-il pas une excuse pour labelliser de façon simpliste et bien trop peu nuancée un groupe de personnes?", interroge-t-il. Dès lors, "la question centrale est la suivante : pouvez-vous exercer un travail journalistique correct en utilisant le terme 'allochtone'? En sachant bien qu'il s'agit d'un mot qui stigmatise et qui exclut", demande -t-il en bottant hors de ses colonnes ce terme qui "met tout le monde dans le même panier". "Quand cesse-t-on d'être allochtone ?", se demande encore De Morgen.

Le journal flamand a donc décidé de ne plus utiliser le "label allochtone", puisque celui-ci "mérite davantage de nuance, pas d'étiquette".

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