Médias/Télé En lançant, ce lundi, "My Cuisine", le groupe de Patrick Drahi poursuit sa conquête audiovisuelle.  Entretien. 

Le groupe Altice n’en finit plus d’investir dans le secteur des médias, et lance, ce lundi, une nouvelle chaîne internationale 100 % culinaire, "My Cuisine", distribuée en France, en Belgique, au Portugal et au Luxembourg. Parallèlement, le concept sera décliné sous forme de magazine papier, d’application mobile et de blog de recettes. Après avoir créé "un pôle fort en termes de news" et "acheté la Ligue des Champions et la Premier League" afin que SFR Sport soit "reconnu comme numéro 1 du foot en France", le groupe veut développer son troisième pôle, celui du divertissement : SFR Play.

"Nous avons déjà annoncé le lancement d’une chaîne cinéma/séries, sur laquelle nous reviendrons, et dans le secteur de la cuisine, domaine délaissé mais qui correspond aux attentes de nos clients. Nous essayons de trouver des éléments sur lesquels on peut se positionner de manière originale", nous explique Michel Combes, directeur général du groupe Altice.

Huit chaînes

Ce dernier reconnaît que "l’investissement sur My Cuisine est à des années-lumière de ce que l’on peut mettre sur des droits sportifs". Le groupe va débourser pas moins de 370 millions par saison pour jouir de l’exclusivité des droits de diffusion des Coupes d’Europe de foot ! "Cependant, dès le début, on a dit très clairement que l’on voulait investir dans des contenus sur lesquels on puisse créer une position au marché forte", poursuit Michel Combes.

"Cette chaîne supplémentaire est un élément très important de développement", renchérit Alain Weill, le directeur général d’Altice Media. "Le groupe contrôle 8 chaînes aujourd’hui, en plus de BFM et RMC Découverte, qui rentreront définitivement dans le giron d’Altice dans quelques semaines. My Cuisine représente un investissement tout à fait raisonnable, mais dans l’univers de la télé, ce sera la chaîne cuisine qui aura des moyens que beaucoup de chaînes de cuisine n’ont jamais eu. Ces chaînes n’ont peut-être pas bien marché jusqu’ici, parce que ceux qui la dirigeaient n’ont pas suffisamment investi dans la création originale", défend Alain Weill.

Talk-shows, téléréalité…

Sur les 480 heures de programmes par an annoncées, 40 % seront dévolus à la production originale française. "Nous allons sortir de l’émission de plateau où on faisait des recettes, ce qui est assez inédit. Nous irons sur le terrain en France, à l’étranger, nous allons produire des talk-shows et des émissions que l’on appelle caricaturalement des shows de téléréalité. Nous voulons être la chaîne de référence sur tous ces formats", poursuit Alain Weill.

Des noms ont déjà été avancés pour faire vivre My Cuisine, qui mixe la cuisine et le divertissement. Le très médiatique chef britannique Jamie Oliver retrouvera le petit écran avec son émission "Jamie’s 15 min Express" et proposera en septembre un programme inédit, "Jamie’s Quick&Easy Food". Autres exemples de productions originales mises à l’écran dès le lancement : "Luana Cuisine", la cuisine accessible à tous de Luana Belmondo (du lundi au vendredi, à 11 h 30), et la quotidienne de Fabrice Mignot, "1 recette, 3 possibilités" (à 11 h).

Outre l’annonce d’un talk-show piloté, dès le mois d’octobre, par le chef alsacien Marc Veyrat, "Ça chauffe en cuisine", "My Cuisine" accueillera des rediffusions de programmes français ("Fourchette et sac à dos", "A pleines dents"…). Des programmes étrangers inédits, issus des catalogues de Food network, TV network ou de la BBC feront également partie de la grille : de la "food reality" avec "Cake Masters" (le jeudi en prime) ou le divertissement aux 8,5 millions de téléspectateurs, "The Pioneer Woman", présenté par Ree Drummond, auteure de livres de recettes à succès aux Etats-Unis.