Médias/Télé

À CANNES

Malgré le recours massif à la chirurgie esthétique, la saison écoulée a vu le relâchement complet des audiences en matière de télé-réalité.

Tel un lifting mal assuré, le divertissement semble retomber. Et malgré les nombreux nouveaux lancements, peu de formats inédits apparaissent dans les tops mondiaux, note Eurodata. L'institut qui, chaque année, dresse le bilan de la consommation télévisuelle mondiale, a relevé les succès enregistrés sur 73 territoires au cours de l'année 2004.

Une télé prescriptrice

Une année qui a notamment vu s'éroder la suprématie de la télé-réalité. Seuls résistent les précurseurs du genre («Big Brother» ou «Pop idols» qui n'ont pas encore parachevé leur tour du monde). Pourtant, il est un ressort qui fonctionne encore: la participation de célébrités à l'aventure. Promettant monts et merveilles, la télé-réalité se joue du désir de chacun d'améliorer son quotidien. Mais, force est de constater qu'il y a d'autant plus de monde devant le poste lorsque ce sont des personnalités qui s'y collent... Comme dans «Strictly come dancing», le reality-soap de la BBC qui voyait huit célébrités s'entraîner en vue d'une compétition de danse, format adapté en France par TF 1 et M 6.

Célébrité ne rime cependant pas toujours avec succès, la preuve avec «The apprentice» très suivi aux Etats-Unis grâce à la personnalité de Donald Trump, en quête du futur manager de l'année, mais qui n'a pas essaimé en dehors de chez lui.

Sans doute cette expérience «malheureuse» (en terme d'audience) devrait-elle empêcher d'autres formats américains d'être adaptés chez nous, comme «Dog, the bounty hunter» qui dépeint le quotidien d'un chasseur de primes -plutôt gros bras, fonceur, criminel repenti mais bon père de famille- ou «Intervention» qui suit pas à pas la cure de désintoxication imposée à leurs rejetons par des familles à bout de nerfs...

L'attachement des diffuseurs à ce type de programmes s'explique par le fait qu'en plus de faire de l'audience, ils sont les seuls dont la cible d'âge baisse d'année en année, donnée cruciale en terme de publicité!

Si le divertissement représente plus d'un tiers des programmes préférés des téléspectateurs à travers le monde (dont 9pc pour la seule télé-réalité), le genre roi reste la fiction, avec plus de 46pc de programmes de ce genre classés dans les tops. Un genre au sein duquel le succès des séries continue à faire de l'ombre au cinéma, malgré quelques blockbusters renommés: «Shrek» ou «Titanic».

Année des séries tels «Friends», «Urgences» ou «CSI» («Les Experts»), 2004 a aussi été marquée par une forte hausse des «news» (JT, magazines, documentaires) en raison d'événements majeurs au plan international (Irak, réélection de Bush, etc.). Onze programmes d'info se retrouvent en tête des tops mondiaux contre 6 en 2003.

Ainsi le petit écran conforte sa place prépondérante dans la vie quotidienne des êtres humains. La durée d'écoute par individu a augmenté sur tous les continents à l'exception de l'Asie qui voit sa courbe baisser, ce qui explique que la courbe générale, elle, reste stable avec 3h07 d'écoute quotidienne. Les téléspectateurs d'Europe de l'ouest font toutefois mieux avec 4 minutes supplémentaires passées devant le petit écran, ce qui fait grimper leur consommation quotidienne à 3h30 par jour...

© La Libre Belgique 2005