Médias/Télé

Fort d’un bilan très positif cette saison en termes d’audiences, France Télévisions souhaite renforcer son engagement dans le secteur de la création d’animation. L’accord renouvelé le 31 mars dernier entre le groupe public et le syndicat des producteurs de films d’animation reflète cette volonté. "D’abord parce que cet accord s’inscrit dans un périmètre rallongé (4 ans versus 2 ans auparavant), mais aussi parce qu’il prévoit une augmentation substantielle de nos investissements : +6,9 % à l’horizon 2020", nous explique Pierre Siracusa, directeur délégué à l’animation de France Télévisions.

Concrètement, l’enveloppe allouée à l’animation va aller crescendo. En 2016, France Télévisions investissait 29 millions d’euros. Le budget passera à 30 millions annuels sur la période 2017-2018, et à 32 millions annuels sur la période 2019-2020. "Ce budget croissant va nous permettre d’investir sur plus de projets, et par voie de conséquence, d’explorer de nouvelles pistes, que l’on souhaite ambitieuses et créatives", poursuit Pierre Siracusa.

La comédie, mais pas que

Dans ce contexte, le patron de l’animation nous détaille les grandes tendances de la saison 2017/2018. "Nous défendons une diversité de l’offre, des univers, des modèles de représentation, des registres proposés", résume-t-il. " La comédie est évidemment au cœur de notre offre , et des attentes de notre public (notamment le cartoon, avec la saison 2 de "Grizzy et les Lemmings" ou "Take it Easy Mike", nouvelle série produite par TeamTo pour Ludo, NdlR). Cependant, le repositionnement de France 4 en chaîne jeunesse en daytime nous a permis d’élargir le spectre de nos séries d’animation, en revenant à des formats délaissés ces dernières années , tels le 26 minutes, l’a ction - aventure… Cela nous a permis aussi de nous adresser à tous les publics jeu n e sse, des préscolaires à la famille, en passant par les 6/10 ans et les 8/12 ans." La saison dernière, France 4 a gagné 40 % de part d’audience sur les enfants.

France Télévisions souhaite continuer de proposer une offre distinctive. Soit par des formes innovantes (l’hybride avec la saison 2 de "7 nains et moi"). Soit par des thématiques culturelles peu traitées par les autres chaînes jeunesse : la lecture avec la saison 2 de "Yetili" pour Zouzous, la cuisine avec la nouvelle série "Mick et le mini-chef" ou la musique, avec le lancement début 2018 de la série "Max et Maestro", produite par Monello en collaboration avec Daniel Barenboim. "Elle a pour ambition de sensibiliser intelligemment notre public à la musique classique", défend le responsable de l’animation. "Nous produisons aussi la saison 5 d’‘En sortant de l’école’, consacrée au poète Claude Roy, la saison 3 de ‘Kiwi’, série d’apprentissage de l’anglais pour les Zouzous. Et nous lancerons fin 2017 ‘Paprika’, première série préscolaire de Xilam, qui vient accompagner la montée en puissance et le bond qualitatif de notre offre préscolaire."

Spéciaux d’animation

France Télévisions développe par ailleurs "une politique volontariste en matière de spéciaux d’animation, avec notamment les trois projets lancés suite à notre appel sur des récits initiatiques de personnages féminins contemporains".

Alors que l’accord récemment renouvelé intègre désormais les séries produites pour le numérique, le groupe public proposera "des séries ludo-éducatives destinées aux plus grands (les kids) avec ‘#dans la toile’, série coproduite avec MFP qui donne des clés de compréhension de l’univers numérique, ‘Mille et un Moyen Age’, série hilarante sur les us et coutumes du Moyen Age, et ‘Superfastoche’, une série de 3x10’ conçue et réalisée par Patar et Aubier, qui nous explique comment faire son propre film en stop motion." Ces trois séries sont destinées à la plateforme Ludo, qui va aussi proposer "des séries de pur divertissement Web natives, comme ‘Pipas et Douglas’ (studio Hari)."

France Télévisions démarre encore la production de "Culottées", d’après la BD de Pénélope Bagieu, qui sera diffusée hors des cases jeunesse.