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Un-zéro, puis plus rien, si ce n'est les commentaires de Marc Delire. Impuissante face à la coupure du match Benfica / Anderlecht, mardi soir, la RTBF compte bien ne pas en rester là. Par la voix de son directeur des sports Michel Lecomte, et de son homologue de VT 4, Patrick Tillieux, elle a rappelé ce mercredi les conditions dans lesquelles s'est produite l'interruption du signal (LLB du 11 août) et indiqué les suites à réserver à cet incident sans précédent dans l'histoire de la télévision.

A son origine, un homme, le Portugais Joachim Oliveira, qu'un contentieux opposerait directement à la société de gestion des droits sportifs Global- Sport, avec qui la RTBF a négocié la retransmission du match. Très influent dans le monde du football lusitanien, M. Oliveira se serait servi de ce match pour «imposer son point de vue» à Global Sportnet, «par la force et de façon inadmissible», résume Michel Lecomte. Il aura finalement fallu compter sur la ruse d'un technicien de la chaîne flamande pour dénicher le mot de passe donnant de nouveau accès au signal, et apprécier la fin de la partie. Un fait de piratage qui ne paraît pas inquiéter outre mesure les responsables sportifs des télévisions belges, dans leur bon droit puisqu'elles avaient les droits du match.

Manque à gagner

Des suites judiciaires à la défaite anderlechtoise, il y en aura pourtant. De concert, les deux chaînes poursuivront la société allemande Global Sportnet, à qui incombe la responsabilité de la longue coupure télévisuelle. Le préjudice porte en premier lieu sur l'absence d'images (et le non-respect du contrat). Mais, pour les deux chaînes, les dommages seront essentiellement d'ordre financier: les annonceurs n'ont pas tardé à faire valoir un manque à gagner important en terme de visibilité. Un arrangement devrait être trouvé par une rediffusion des spots lors d'un prochain match; il n'en reste pas moins une perte sèche pour les chaînes.

Enfin, le préjudice est aussi moral, pour l'image de la deux et de VT 4, et leur crédibilité vis-à-vis des téléspectateurs, dans un contexte très concurrentiel.

Plus globalement, l'accident de ce mardi soir jette une ombre sur le monde du football. Avec l'inquiétude supplémentaire que rien ne peut garantir que l'événement ne se reproduira pas. Pour Michel Lecomte, la prudence sera encore davantage de rigueur dans les négociations des droits, pour se prémunir dans les transactions avec des marchés réputés difficiles (comme le Portugal et l'Italie). Surtout, le Monsieur Sports de la RTBF souligne l'urgence, au sein de l'UEFA, d'un débat sur les droits télévisés et les sociétés intermédiaires qui y font régner la pagaille.

© La Libre Belgique 2004