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Silence sur le plateau ! Moteur ! Action !" Et voilà Sauveur "Arditi" Giordano qui surgit, grimpe dans son vieux tacot pétaradant et démarre en trombe. Le tournage de la série bat son plein en cette journée de giboulées. Il faut profiter des timides rayons de soleil qui pointent à l'horizon pour tourner les scènes en extérieur.

Intitulé "Le petit témoin", cet épisode narre l'histoire d'un enfant qui assiste à un meurtre et devient dès lors un témoin gênant. Ex-flic reconverti en détective privé, Sauveur le bien nommé va, comme à l'accoutumée, défendre la veuve et l'orphelin. Coproduit par la RTBF, cet épisode de "Sauveur Giordano" est réalisé par le Belge Pierre Joassin et tourné entièrement en Belgique.

"Le tournage a lieu en Belgique mais l'histoire est censée se passer en France... C'est con, mais c'est comme ça !" Avec la gouaille qu'on lui connaît, Pierre Arditi donne le ton. A l'heure du déjeuner, l'acteur français se prête de bonne grâce à une discussion à bâtons rompus avec la presse.

Arditi, Belge de coeur

D'emblée, il se lance dans un éloge des Belges et de la Belgique : "Je suis un ardent défenseur des Belges. Je ne supporte pas qu'on les attaque. D'autant que la plupart du temps, c'est totalement injustifié." Et d'ajouter : "Avec le Thalys, Bruxelles, c'est la banlieue de Paris à présent. Et pourtant, c'est complètement dépaysant. Les Belges sont trop en retrait, trop modestes, alors qu'il y a plein de choses formidables ici !" Arditi avoue se sentir chez lui au plat pays et avoir l'impression d'être en vacances même quand il est chez nous pour travailler. Et pour cause puisqu'il a habité à Bruxelles dans son enfance. "Je jouais avec un petit bateau sur les étangs d'Ixelles et j'étais fasciné par les trams, une sorte de train dans la ville. Je suis Belge de coeur" , confesse-t-il.

Arditi ne serait pas Arditi s'il ne pipait mot de politique. Le comédien français a son avis sur les soubresauts qui secouent le Royaume en ce moment. "J'espère que la situation va s'améliorer et que le bon sens prévaudra , dit-il. Sur le plan européen, une division du pays n'est pas tenable. L'Europe discute avec la Belgique et non avec la Flandre et la Wallonie. De même, l'Europe ne parle pas avec la Bretagne ou le Pays Basque, elle parle avec la France" , s'insurge-t-il dans un élan jacobin.

Pierre Arditi ne cache pas sa joie de retrouver son compère Alain Leempoel sur le tournage de ce "Sauveur Giordano" made in Belgium : "Alain est un ami de longue date mais c'est la première fois qu'on tourne ensemble."

Le comédien belge, plus connu pour ses rôles sur les planches bruxelloises que pour ses apparitions à l'écran, ne boude pas non plus son plaisir : "C'est Pierre qui m'a informé du tournage de la série en Belgique. Cela fait quasiment 20 ans que l'on se connaît. L'ambiance est toujours au rendez-vous avec lui !"

Celui qui fut directeur de l'Association des arts et de la culture (ADAC) jusqu'en 2004 évoque aussi son actualité immédiate : "En octobre et novembre, je reprends Scènes de la vie conjugale à Wolubilis et au Théâtre de Namur." Et après ? "Il est trop tôt pour en parler. J'ai des projets mais ils ne sont pas encore finalisés..." , ajoute-t-il. Alain Leempoel laisse toutefois entendre qu'il pourrait se consacrer à des projets cinématographiques.

A l'heure de la digestion, les caméras entrent à nouveau en action. Mais cette fois, la pluie s'en mêle. La drache nationale oblige l'équipe à migrer vers les studios et à passer aux scènes intérieures. Il n'est décidément jamais facile de composer avec la météo du plat pays, même quand on s'appelle Sauveur !

(st.)

Prochaines diffusions de "Sauveur Giordano" ce soir et le jeudi 27/9 à 20h15 sur la une.