Médias/Télé "Maurice Béjart, l’âme de la danse" ***: un documentaire à voir ce dimanche sur La Une, à 22h45


Immense danseur et chorégraphe, Maurice Béjart a marqué à jamais l’histoire de la danse. Dix ans après sa mort en 2007, celui qui vécut près de 30 ans à Bruxelles continue d’habiter le cœur des Belges. "Je me souviens avoir été avec ma mère voir le "Boléro" avec Jorge Donn au Cirque royal, raconte Henri de Gerlache, auteur et réalisateur d’une vingtaine de documentaires. C’est resté dans ma tête". A tel point qu’à l’occasion du 10e anniversaire de la disparition de Béjart, celui qui a déjà consacré des films à Van Gogh et Magritte a pris sa caméra pour aller à la rencontre de celles et ceux qui ont travaillé au plus près avec "Maurice".

Dans "Maurice Béjart, l’âme de la danse", Henri de Gerlache (textes et réalisation) et Jean de Garrigues (réalisation) brossent un portrait touchant et humain d’un artiste multiple et complexe à décrypter, agréablement conté par l’actrice Alexandra Vandernoot, fille de la danseuse Duska Sifnios, créatrice du "Boléro" de Béjart, et du chef d’orchestre André Vandernoot…

Au travers du prisme de ses ballets les plus emblématiques ("Symphonie pour un homme seul", "Le Sacre du printemps", le "Boléro"…) - Béjart a imaginé quelque 300 chorégraphies au cours de sa carrière ! - Henri de Gerlache nous plonge au cœur du processus créatif du chorégraphe. Entre images d’archives - "un véritable travail de fourmi pour les retrouver", sourit le réalisateur - et propos actuels (d’anciens danseurs; des écrivains et journalistes comme Ariane Dollfus, Jean-Pierre Pastori et Jacques Franck, ancien rédacteur en chef de "La Libre Belgique"), le spectateur part pendant une heure sur les traces de ce petit garçon "assez chétif" comme se qualifie Béjart, né à Marseille, que rien ne prédestinait à la danse. "Le docteur m’avait prescrit la danse comme épanouissement physique." Et le remède produit ses effets : "La danse appelle la danse". Le jeune Béjart décide alors de quitter Marseille pour Paris. Mais hors des normes de la danse classique, il prend vite sa destinée en main pour se défaire de ces contraintes, libérer les mouvements et la danse masculine.

En 1959, Maurice Huisman, directeur de La Monnaie à Bruxelles, lui donne carte blanche : avec "Le Ballet du XXe siècle", Béjart montera quelque 150 ballets. Une création foisonnante d’un artiste en perpétuelle recherche qui "ne supportait pas la paresse", comme le rappelle l’une de ses danseuses, et exigeait le meilleur de sa troupe. "Animal, organique, tortionnaire, cruel", Béjart aimait profondément ses danseurs. "Tyrannique ? Non !, rétorque l’ancienne ballerine Tania Bari. C’était un maître".