Médias/Télé L’acteur Sir Lenny Henry est venu défendre une proposition audacieuse au Mipcom cannois.

It’s all about money, money." Engagé dans le monde du spectacle depuis l’âge de 16 ans, Sir Lenny Henry connaît bien le fonctionnement de l’industrie audiovisuelle et du monde des affaires. Tablant sur la lucidité et la logique des décideurs concernés, il est venu à Cannes avec une proposition originale et efficace pour résoudre la question du plafond de verre qui s’applique, dans le secteur de l’audiovisuel, à toute une catégorie de personnes, que ce soit derrière ou face à la caméra, mais aussi dans tous les bureaux où l’on statue sur l’avenir des émissions et des programmes.

Sens des affaires et volonté de bien faire

Soulignant qu’en 35 années "à part les vigiles, noirs, et le personnel de la cantine", Sir Lenny Henry n’avait jamais croisé ou eu une seule réunion dans le secteur audiovisuel britannique avec un responsable qui lui "ressemblait. Et ce n’est pas seulement le cas à la BBC, c’est le cas partout où vous allez". Le comédien a plaidé pour un changement rapide des pratiques et des mentalités, "une révolution qui s’avérera bénéfique pour tout le secteur".

Sur ce plan, selon lui, le meilleur incitant au monde restera toujours d’ordre fiscal. "Impossible de faire de la télévision sans apports financiers et si nous voulons que la diversité s’impose, il faut que cette volonté rencontre le ‘bon sens’ financier car les bonnes paroles, seules, ne peuvent l’emporter". D’où son credo : combiner sens des affaires et volonté de bien faire.

Alors qu’en Grande-Bretagne, les productions qui souhaitent être exemptées d’un certain nombre de taxes doivent démontrer leur caractère "britannique", Sir Henry plaide pour que le même type d’incitants soit lié à un "test d’inclusion et de diversité" qui prendrait en compte l’égalité entre les sexes, bien sûr, mais aussi une plus grande ouverture à toutes les origines qui donnent leur vitalité et leur force au Royaume-Uni et à bien d’autres pays. "Ces dispositions existent déjà en Californie et sont en cours de réflexion à New York. Rien ne changera sans lois spécifiques et sans le soutien des responsables politiques", souligne le comédien.

L’acteur, qui campe Ed Burnett dans la saison 3 de la série britannique Broadchurch, a développé son idée face à l’auditorium rempli du Palais des Festivals à Cannes. Pour la première fois, le Mipcom cannois a en effet consacré deux journées de réflexion et de débats à cette thématique cruciale pour l’avenir d’un audiovisuel de plus en plus mondial et globalisé.

En marge de la remise des tout premiers "Diversify TV Excellence Awards" qui ont notamment consacré la série Tytgat Chocolat , produite par la VRT, dans la catégorie "handicap", cet appel se veut proactif et raisonné.