Médias/Télé Claire Chazal ne présentera plus le JT de TF1 les week-ends. La journaliste incarnait la chaîne les samedis et dimanches depuis plus de 25 ans.

En juin dernier, pour l"'Invité du samedi", LaLibre.be interrogeait PPDA, évincé par TF1 après avoir passé 21 années à la tête du JT. Voici des extraits de cet entretien :

Vous avez le sentiment d’être oublié des téléspectateurs français ?

Non, je n’ai franchement pas le sentiment d’avoir disparu dans le souvenir des Français, des Belges ou des Suisses qui me regardaient. Je n’arrête pas d’entendre des lamentations de ceux qui souhaitent mon retour. Mais en réalisant de telles émissions, on accepte le principe même que cela puisse s’arrêter et disparaître dans la seconde. C’est très différent de l’écrivain qui laisse des livres derrière lui. La semaine dernière, lors d’un déjeuner autour de mes derniers livres ‘Un homme en fuite’ et ‘L’Odyssée des Marins’, Bernadette Chirac s’est levée en disant: "J’exige qu’il revienne au Journal de 20H, je voudrais lancer une pétition". Tout le monde s’est levé, c’était très gentil.

Vous souffrez d’être l’ombre après tant d’années sous le feu des projecteurs ?

Non, même si mon départ a été violent, injuste et aucunement justifié. Les audiences n’avaient jamais été aussi bonnes, tout comme l’appréciation du public et de la rédaction. Pour complaire à un dirigeant politique, le président de TF1 a jugé bon de lui offrir ma tête sur un plateau. J’aurais pu m’inscrire dans une logique de revanche en acceptant l’une des nombreuses propositions de la concurrence. La colère étant mauvaise conseillère, j’ai vite exclu cette option. Depuis mon départ de TF1, j’ai écrit au moins 15 livres et mis en scène des opéras. Je suis aussi sur Radio Classique tous les soirs. Je n’ai aucune raison de me plaindre, je fais ce que j’aime faire.

Ce dirigeant politique, c’est Nicolas Sarkozy à qui vous aviez lâché dans un entretien en direct depuis l’Elysée : "Au sommet du G8, on vous a vu très à votre aise, presque même excité comme un petit garçon entrant dans la cour des grands". (voir vidéo) Avez-vous la certitude que cette phrase est à l’origine de votre départ précipité ?

Ce n’est pas uniquement cette petite phrase, c’est un ensemble de choses, dont le comportement de l’entourage des politiques qui fait souvent preuve d’excès de zèle. Il y a du y avoir beaucoup de zèle dans cette affaire. La situation était délicate, puisque j’étais la vitrine de la chaîne dont le propriétaire est le meilleur ami du nouveau président qui, par ailleurs, est le parrain de son fils. Mon indépendance envers les pouvoirs de droite comme de gauche m’a confié une certaine autorité au sein de la rédaction… ce qui en a agacé certains hors de la rédaction, dans le groupe et dans les sphères dirigeantes. Dans de telles conditions, il est très difficile d’exercer librement son métier. J’ai voulu le faire, je l’ai affirmé à la rédaction, mais ces propos ne sont pas bien passés dans les étages de TF1.

Vous rêvez d’un retour ou d’un dernier coup d’éclat ?

Non, je ne suis vraiment pas dans une logique de revanche ou du coup d’éclat, comme pour commémorer Waterloo 1815.

Avez-vous été associé à la fête d’anniversaire pour les 40 ans de TF1 ?

Non, aucunement, même si j’ai le sentiment d’avoir fait le job pendant 21 ans. Le fait de me voir écarté de tout raout ou commémoration de TF1, cela me paraît assez soviétique comme conception. Un peu comme lorsqu’on effaçait les maréchaux lors des défilés à Moscou. C’est un manque de classe et puis, c’est bête car tout le monde le sait. Depuis 7 ans, je n’ai plus jamais été invité ne fût-ce qu’une seule fois sur TF1 ou LCI. Jamais. Pire encore, LCI a diffusé les images d’un livre d’un ami marin que j’avais préfacé en masquant mon nom au Stabilo pour qu’il ne paraisse pas à l’antenne. C’est vous dire jusqu’où ils sont allés ! J’ai un jour été invité par la programmatrice de Michel Field, mais j’ai été désinvité un jour plus tard. Cela m’a déçu.


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