Médias/Télé

Maximal Productions pilote "Questions directes", émission de débats animée par Julian Bugier, ce mercredi sur France 2, à 22h35. Entretien.

Bruno Gaston, producteur de "C dans l’air" (France 5), a remporté l’appel à projets de France 2 pour mettre en place un nouveau rendez-vous de débats et de témoignages en 90 minutes, animé par Julian Bugier en deuxième partie de soirée. Six numéros de "Questions directes" seront proposés d’ici à la fin juin.

Comment est né ce concept ?

Plusieurs sociétés et agences de presse se sont positionnées et c’est notre projet, conçu par Maximal Productions, qui a été retenu. Nous avons une expertise avec "C dans l’air", avec des personnes qui ne sont pas dans l’idéologie mais dans l’expérience de terrain. Des gens qui ont donc vocation à se convaincre les uns les autres, et pas seulement à débattre pour produire du spectacle et du clash. Pour compléter le dispositif, nous proposons des reportages et des sondages inédits avec Ipsos et Brice Tinturier, autour d’une question de société.

S’agit-il de sortir d’une parole formatée ?

Parce que l’époque ne l’a jamais autant réclamé, et parce qu’on est dans une promesse de télé de service public, nous voulons essayer de produire de l’intelligence et de la nuance. En matière de débats de société, les chaînes d’info ont le défaut de produire beaucoup de spectacle, de clash, d’idéologie, de buzz, avec la résonnance que donnent en outre les réseaux sociaux.

Qu’en est-il du témoignage ?

Des journalistes vont sillonner le terrain associatif pour trouver des témoins qui puissent parler du sujet en fonction de leur expérience. Une problématique est mieux comprise quand elle est portée par quelqu’un qui l’a portée dans sa chair. De façon à comprendre la diversité et la complexité de certaines problématiques.

Lesquelles ?

Il s’agit de grandes thématiques de société comme la procréation médicalement assistée, la fin de vie, tout ce qui nous occupe en tant que citoyens, membres de famille, collaborateurs dans le travail… Nous réfléchissons tous en fonction de notre milieu social, de notre expérience, de nos convictions, idéologiques ou religieuses, et il est important d’organiser un endroit où l’on puisse croiser ces expériences. Sans forcément changer d’avis, j’espère qu’au bout de l’émission, des téléspectateurs vont amender leur position, parce qu’ils n’avaient pas compris que tel sujet, exprimé par un acteur de terrain, pouvait avoir telle résonance.

Combien de personnes en plateau ?

Cela va dépendre des sujets et des questions, on peut faire débattre jusque 6 personnes en même temps, les gens vont rentrer, sortir.

Vous proposez une ouverture possible sur l’étranger dans vos reportages.

Cela a participé au choix de Maximal Productions. Nous avons une rédaction d’une vingtaine de journalistes, extrêmement réactive, qui produit quinze minutes de reportages tournés en France ou à l’étranger, tous les jours pour "C dans l’air", du lundi au samedi, 312 jours par an.

Ce magazine se distingue de "C dans l’air", qui propose un débat plus intellectuel.

"C dans l’air" n’est pas un débat, mais une émission de décryptage autour d’un sujet d’actualité. Avec des gens qui vont essayer de donner de l’information et de permettre de comprendre une problématique. Il n’y a pas de témoignages. On est avec des spécialistes d’un sujet.

Avec une approche éditoriale.

En même temps, ils vont au-delà de leur exercice d’éditorialistes dans leurs supports respectifs. Sur C dans l’air, ils viennent expliquer le sujet du jour, qu’il s’agisse de politique internationale, comme le résultat des élections législatives en Italie, de la guerre entre TF1 et les distributeurs, ou du classement Forbes des nouveaux riches en France. On peut aller sur la réforme institutionnelle ou sur la réforme de la formation professionnelle.

Vous préparez un prime time de "C dans l’air" ?

Oui, le 11 avril sur France 5. Cette déclinaison en prime sera organisée autour d’un documentaire de 70 minutes et d’un plateau. Nous reviendrons sur la France après les attentats, sur celles et ceux qui nous protègent. Qu’est-ce qui a progressé ? Qu’est-ce qu’on a dû changer dans nos méthodes après Charlie et le Bataclan ? Qu’est-ce qui n’a pas encore été résolu. Avec des entretiens exclusifs, menés par Caroline Roux, du procureur François Molens, de Bernard Cazeneuve, ou du nouveau patron de la DGSI, Laurent Nunez.