Médias/Télé

Après #Metoo et #BalanceTonPorc, voici #BalanceTonYoutubeur. Un moyen pour les internautes victimes d'abus sexuel par des youtubeurs de délier leur langue. Sauf que dans la réalité, la pratique est moins évidente.

Un célèbre youtubeur, Squeezie, a dénoncé dans un tweet récemment les abus sexuels pratiqués par certains youtubeurs sur leurs jeunes fans. Âgé de seulement 22 ans, le jeune français est suivi par plus de 11 millions d’abonnés sur sa chaîne YouTube et 5 millions sur Twitter.


A peine la publication postée, un hashtag a suivi sur la toile: #BalanceTonYoutubeur.

Un emballement, qui, dix jours plus tard, n'a pas eu l'impact attendu: des youtubeurs mis en cause notamment par une enquête publiée par le Parisien ont nié les accusations portées contre eux.

Une parole ridiculisée

D'après le journaliste spécialiste des réseaux sociaux Vincent Manilève, le post de Squeezie a également "ouvert la porte à toutes les tentatives de trolls et de faux témoignages". Avec le risque de mettre de côté des témoignages bien réels faisant état de vraies agressions. Plusieurs internautes ont tourné au ridicule de nombreux témoignages en soulignant la naïveté de ces "jeunes abonnées".

C'est tout le problème de la plateforme de vidéos: dès qu’une jeune femme décide de témoigner contre un youtubeur, elle prend le "risque que la communauté de fans du vidéaste, poussée directement ou non par le youtubeur, s’engage dans une campagne de harcèlement en ligne", relève Vincent Manilève. 

Connaisseur du milieu des conventions de vidéastes où sont organisées des rencontres avec des fans, il évoque le "shitstorm", une campagne de harcèlement menée par les youtubeurs envers les abonnées tentées de les dénoncer.