Bébêtes affolantes de "Minuscule"
Des contes animaliers déjantés signés Thomas Szabo. Une série d'animation française qui a déjà conquisles Etats-Unis. A déguster depuis ce mercredi dans "KD2A", sur France 2, à 10h30.
- Publié le 26-10-2006 à 00h00
C'est une série bucolique et burlesque, poétique et facétieuse. Un programme court de 6 minutes bourré d'idées autour de la vie des insectes et autres bestioles de nos campagnes. Un univers à la Tex Avery version "Microcosmos".
Minuscule *** est un ovni de l'animation, juxtaposant prises de vue réelles et images de synthèse. Quelques épisodes suffisent pour devenir accro à cet escargot qui rêve d'avancer aussi vite qu'un escadron de frelons, à cette araignée qui tremble sur ses huit pattes accrochée à un ballon voyageur, à cette coccinelle en mal d'amour ou à cette colonne de fourmis sur "Le pont de la rivière Bzzz". Produits par Philippe Delarue, patron de Futurikon, les 78 premiers épisodes ont déjà été vendus dans une vingtaine de pays, dont les Etats-Unis (diffusion depuis septembre sur Disney Channel). Un long métrage sur les quatre saisons de "Minuscule" est également en préparation.
Le concepteur de cette petite merveille, Thomas Szabo, "story boarder" et scénariste, a déjà réalisé "Les Zinzins de l'espace" en 1998. "Minuscule" trouve son origine dans "Mouches à merde", un court métrage à zéro budget réalisé avec une petite caméra vidéo et l'aide d'amis infographistes", nous explique l'auteur. "J'avais envie de montrer des insectes en 3D dans un environnement réaliste, mais avec un décalage absurde, comme pourrait le voir un enfant. L'idée d'une série s'est imposée petit à petit".
Comme des haïku
Thomas Szabo a ensuite développé l'univers dans lequel les insectes allaient évoluer aux côtés d'Hélène Giraud, directrice artistique sur le projet. Comment le définit-il ? "C'est un pastiche de documentaires animaliers avec des caricatures d'insectes. Contemplatif, surréaliste, sans dialogues et sans commentaires. Les histoires de "Minuscule" ressemblent à des petits contes ou des haïku japonais. Les morales que l'on peut y trouver ne sont pas définies, chacun peut y trouver sa propre conclusion. Chaque histoire a une ambiance et des rythmes différents", poursuit-il.
La technique de fabrication employée est plus proche des pratiques de la pub que celles du cinéma et de la télévision : "On tourne d'abord des prises de vue réelles, le bitume d'une route, un green de golf..., le décor est vide. On monte ensuite les images. Puis les personnages en 3D sont incrustés dans le décor. Vient enfin le son qui rend l'ensemble cohérent". La 3D a été confiée à Mac Guff, studio qui a conçu les images de synthèse de "L'Odyssée de l'espèce" et de "L'Odyssée de la vie".
Thomas Szabo dit avoir trouvé ses sources d'inspiration "dans les films animaliers, mais l'observation des insectes dans les sous-bois reste la meilleure méthode pour trouver des idées". Quant au long métrage... "C'est un peu tôt pour en parler. Nous n'en sommes qu'au stade du synopsis. Ce sera sans doute du grand spectacle en cinémascope".
© La Libre Belgique 2006
