Médias/Télé

Le directeur de Bel RTL, Eric Adelbrecht, attend les prochains résultats d’audience "avec impatience". Le retour des auditeurs sur les changements de programmes (initiés en septembre) est plutôt "positif" mais "son seul bulletin", dit-il, sera "celui de février". A savoir, celui du prochain relevé d’audience, effectué par le Centre d’information sur les médias (Cim) trois fois par an.

Le pari, en effet, était osé, particulièrement risqué mais tout à fait nécessaire. Les derniers résultats n’avaient pas spécialement rassuré Bel RTL qui avait perdu sa première place au profit de sa concurrente historique, Vivacité. La nouvelle grille de programmes avait dès lors subi des ajustements importants portant sur plus de 50 % de l’audience de la radio.

Renforcer le prime time radio

Le remaniement de la matinale (l’une des tranches horaires les plus concurrentielles) représentait une véritable prise de risque. Entre 7 h et 9 h, Barbara Mertens délaissait la présentation du "Bel RTL Matin" pour se "recentrer" sur son rôle de rédactrice en chef, laissant Thomas Van Hamme officier seul. Objectif ? Insuffler une nouvelle dynamique, plus proche de l’infotainment.

"A présent, nous avons clarifié le duo du matin qui, dans cette formule, devenait compliqué. Il y avait de plus en plus d’intervenants , indique Eric Adelbrecht. Thomas nous apporte désormais le côté infotainment qui nous manquait. On est sur la bonne voie. Ça correspond à ce qu’on imaginait et au cahier des charges."

Le départ de Fabrice Grosfilley, pour Vivacité, n’a d’ailleurs pas affaibli le "Bel RTL Matin" qui bénéficie à présent des talents - et du carnet d’adresse - d’un autre intervieweur politique : Martin Buxant. " Il est arrivé au mois d’octobre et s’est très vite imposé. Il a réussi à faire revenir un bon nombre d’invités chez nous. On les a tous eus, même Bart De Wever, deux fois. Il a de très bons liens avec la classe politique flamande et dans le contexte politique actuel, c’est d’autant plus intéressant. "

Maintenir la grille en 2015

Autre révolution matinale : la "disparition" d’une émission historique, vieille de 23 ans : "Beau fixe" (9-11 h). Lui succède à présent "Faut qu’on en parle", toujours avec la même équipe mais axé sur des sujets plus " lifestyle ", " légers ". "Au début, les auditeurs ont été un peu déstabilisés mais la nouvelle formule a finalement trouvé ses marques et s’est installée dans la grille. "

Quant au départ de Philippe Bouvard des "Grosses Têtes" - au profit de Laurent Ruquier -, le désintérêt annoncé du public n’a finalement pas eu lieu. Les indicateurs d’audience en France (où l’émission est produite) " sont à la hausse par rapport à l’année dernière ", soutient Eric Adelbrecht. " On peut donc espérer qu’il en sera de même chez nous."

L’infotainment, " c’est donc quelque chose sur lequel on va continuer à travailler ", indique le directeur, qui reste par ailleurs " prudent ", dit-il, en attendant les résultats du Cim. Aucun nouveau changement de grille n’interviendra en janvier. " On garde tout : le Bel RTL Matin du week-end avec Fabrice Brouwers, "L’heure du crime" de Jacques Pradel et Patrick Weber à 19h. "


3 questions à Thomas van Hamme

Présentateur - entre autres - de "Bel RTL Matin", la matinale de Bel RTL (7h-9h)

En septembre, vous avez en quelque sorte perdu votre partenaire à la présentation de la matinale. La pression est-elle redescendue ?

Je n’ai pas vraiment senti la pression et je n’ai pas vraiment perdu ma partenaire. Barbara Mertens n’est plus à l’antenne mais reste rédactrice en chef de la radio. On travaille donc véritablement main dans la main. On se voit et on débriefe tous les matins. C’est une tranche à laquelle elle collabore pleinement mais effectivement, maintenant je me retrouve seul au micro. Je pense que c’était plus logique. On était resté sur un duo alors que ça datait d’une autre formule du "Bel RTL Matin". Aujourd’hui, ça n’avait plus de sens d’être à deux pour lancer des chroniqueurs. C’est plus actuel et ça se ressent, je pense, car je reçois beaucoup de retours positifs. Il y a plus de fluidité à l’antenne et plus de logique à travers cette présentation.

L’un des souhaits du directeur de la radio, à travers ces différentes réformes, était d’insuffler une nouvelle dynamique, plus proche de l’infotainment. C’est un concept auquel vous adhérez pleinement ?

Bien sûr, car c’est totalement l’ADN de Bel RTL. On peut dire des choses sérieuses sans se prendre la tête et revenir à cette idée d’esprit de communauté avec les auditeurs. Au sein de l’équipe, c’était important de récréer cet esprit chaleureux, bon enfant avec une bonne ambiance. C’est ce qui ressort aujourd’hui à l’antenne, dans toute la grille, et particulièrement dans la matinale. Aujourd’hui, on a davantage d’infos sérieuses, bien calibrées, accessibles, présentées avec cette bonne humeur dont les gens ont besoin. Aujourd’hui, les infos sont moroses, la vie n’est pas simple. Ce n’était pas facile pour les gens. C’est donc important de les accompagner avec le sourire et de les intégrer à cet esprit d’équipe.

Comment envisagez-vous la rentrée 2015 ? Dans la continuité ?

Absolument, car les indicateurs sont positifs. On n’a pas encore les sondages et je ne présagerai pas de l’avenir mais ça fait quasiment 25 ans que je fais ce métier, je sens donc quand on est dans une bonne émission ou non. Ici, il y a des choses qui fonctionnent bien, la mécanique est très efficace. Je le ressens aussi dans les SMS que l’on reçoit car on est dans un type d’émission interactive. Le nombre de SMS que l’on reçoit par rapport à l’année dernière a considérablement augmenté. C’est déjà un premier indice. Ces derniers temps, on ne me parlait plus de Bel RTL. On parlait plutôt de la télé. Aujourd’hui, les gens viennent vers moi pour me parler de ce qu’ils ont entendu le matin, sur Bel RTL. Cela indique que l’on tient le bon bout et que l’on est en train de recréer du lien car même si on est resté leader sur la matinale, il y avait une petite baisse de régime.