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La nomination d'un souverainiste à la tête de la Rai, le groupe audiovisuel public italien, a provoqué dimanche l'ire du magnat des médias Silvio Berlusconi, en mesure d'y faire barrage lors d'un vote en commission parlementaire.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), au pouvoir depuis deux mois en Italie, ont jeté leur dévolu ces derniers jours, parfois de manière brutale, sur les grands postes des entreprises publiques italiennes.

Marcello Foa, présenté par la presse italienne comme un "souverainiste" proche de la Ligue et un défenseur du président russe Vladimir Poutine, a été proposé vendredi soir pour prendre la tête de la Rai, une nomination politique qui a suscité une volée de critiques à droite comme à gauche.

Le choix de ce journaliste italo-suisse de 55 ans doit être avalisé mercredi par un vote en commission parlementaire, mais les populistes ont besoin des votes du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi pour l'imposer.

"Je vois une forte volonté de pugilat. Le caractère unilatéral de la proposition pour la Rai, que la majorité a concoctée toute seule en interne, me semble un mauvais signal", a prévenu dimanche Silvio Berlusconi dans les colonnes de La Stampa.

La Ligue (extrême droite), dirigée par l'actuel ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, était alliée aux dernières législatives avec Forza Italia (FI) menée par Silvio Berlusconi, avant de finalement former une coalition gouvernementale avec le M5S. Depuis, les motifs de dissension s'accumulent entre les deux partis, plus que jamais au bord de la rupture.

Le président du Parlement européen et vice-président de Forza Italia, Antonio Tajani, a également laissé entendre dimanche que son parti pourrait voter contre Marcello Foa.

"La Ligue est libre de faire ce qu'elle veut, y compris de rompre l'alliance de centre-droit", a-t-il commenté dans le quotidien Il Messagero. "La Ligue est au gouvernement, Forza Italia dans l'opposition. La politique a des règles et dans ce cas les règles n'ont pas été respectées".

"Au lieu de s'occuper des directeurs des journaux télévisés de la Rai, ils devraient nous dire par exemple à quel niveau il fixent le rapport déficit-PIB", a asséné dimanche l'ex-chef du gouvernement Paolo Gentiloni (Parti démocrate, centre gauche), choqué aussi par la récente révocation de l'ensemble du conseil d'administration de la société des chemins de fer italiens.