Médias/Télé

C'était devenu, depuis quelques jours, un secret de polichinelle. Depuis hier, c'est devenu une certitude: Yves Bigot, directeur des programmes au sein de France Télévisions (à France 4, après être passé par France 2), a été engagé par la RTBF, et son conseil d'administration, pour endosser le nouveau rôle de directeur d'antenne télé.

En attirant Yves Bigot à Reyers, Jean-Paul Philippot, patron de la RTBF, réalise un fort joli coup. Le pari est à la fois osé (confier les grilles ertébéennes à un Français qui ne connaît pas grand-chose aux subtilités de notre paysage audiovisuel) et risqué (si Bigot échoue, bonjour les dégâts...).

Homme de contenus audiovisuels, Yves Bigot sera-t-il l'homme providentiel capable de redonner du souffle aux programmes de la RTBF? «L'homme providentiel, je n'y crois pas! Par contre, j'ai la conviction qu'Yves Bigot a l'expérience et les capacités pour dynamiser nos équipes autour des contenus», explique M.Philippot. Et de poursuivre: «J'attends de lui qu'il développe, entre nos chaînes télé, une cohérence et un projet éditorial équilibré. Son grand atout, c'est d'être un grand professionnel de la télé qui a travaillé dans la production, le journalisme et la programmation.»

Sébastien, sa fierté

A 50 ans, Yves Bigot peut, de fait, se targuer d'un joli parcours dans les médias français (LLB, 20/02). A son tableau de chasse audiovisuel, on retrouve Europe 1, France Inter, France 2 et France 4. C'est aussi un homme de presse écrite, avec des collaborations à «Libération» ou «Rolling Stone». Car, outre la radio et la télé, Yves Bigot entretient une passion pour le rock. Les émissions cultes «Les enfants du rock» et «Rapido», c'est lui. Il est également l'auteur d'ouvrages sur les rockstars, dont «Plus célèbres que le Christ». «Bob Dylan est mon maître à vivre», confiait-il lors d'un «chat» sur Internet.

M.Bigot peut aussi se prévaloir d'un attachement au service public. Si France 2 n'a pas succombé aux sirènes de la télé-réalité, c'est en partie grâce à sa fermeté. Il a aussi oeuvré, sous la direction de Marc Tessier (ex-patron de France Télévisions), à l'harmonisation des programmes entre les chaînes publiques, une tâche qu'il devra mener prioritairement à la RTBF.

Yves Bigot s'est également distingué comme initiateur de programmes mêlant divertissement et variétés. «Sa plus grande fierté, c'est Patrick Sébastien et l'émission Le plus grand cabaret du monde», explique un journaliste français qui l'a côtoyé à Paris.

Mais, une fois encore, les questions ne manquent pas. Comment gérera-t-il les moyens financiers réduits de la RTBF? Comment s'intégrera-t-il dans l'équipe d'Alain Gerlache, directeur de la TV? Et quid de sa méconnaissance du marché audiovisuel belge? Présenté comme un gros bosseur et un fin diplomate, Yves Bigot ne devrait pas s'en effrayer... A lui de le prouver au cours du bail de six ans noué avec la RTBF.

© La Libre Belgique 2006