Médias/Télé Règlements de compte avec Laurent Delahousse, sur fond de remaniement de grille de rentrée.

Déjà, en 1964, Michel Drucker avait peur qu’on le vire. Alors, il avait dormi juste en dessous des antennes paraboliques de l’ORTF. 54 ans après ses débuts à la télévision, cette peur ne le quitte pas. A la rentrée, France 2 arrête "Vivement dimanche prochain "qu’il remplace par "19 heures, le dimanche", présenté par Laurent Delahousse.

"C’en est trop"

Une décision qui a suscité l’acrimonie de Michel Drucker venu se confier au "Parisien", mercredi dernier : "De toute ma vie, je n’ai jamais critiqué un confrère, j’ai été d’une loyauté et d’une fidélité indéfectible au service public. Mais là, c’en est trop. Parce que Laurent Delahousse n’est pas un mec bien. Il a demandé ma place pendant près de dix ans. Chaque saison, il menaçait la direction de partir s’il n’avait pas le 19 heures alors que j’étais une locomotive pour son journal. Au départ, je ne le croyais pas. Jusqu’au jour où il l’a dit ouvertement. Ça m’a peiné. J’ai trouvé ça surréaliste. Il a été d’une inélégance incroyable. C’est même le ballon d’or de la discipline. Et en interne, je ne suis pas le seul à le penser. A l’époque, je lui ai écrit. Il a essayé de me faire croire qu’il était la courtoisie incarnée. Je n’ai aucune rancune, mais j’ai de la mémoire."

Recadré par sa hiérarchie

Selon nos confrères, son épanchement lui a valu d’être recadré par sa hiérarchie. Takis Candilis, le numéro 2 de France Télévisions, lui a envoyé un SMS immédiatement après la publication de l’interview sur le site Internet du "Parisien". "Dans ce message, le directeur général délégué à l’antenne et aux programmes de France Télévisions a signifié à l’animateur de 75 ans qu’il était ‘inadmissible’ que deux grands talents du service public s’affrontent sur la place publique. Un recadrage en règle validé par l’ensemble de la direction et dont a pris acte l’intéressé", révélait le quotidien, hier. En période de mercato et de remaniement de grilles, des animateurs utilisent les médias pour faire monter leur cote. La stratégie : montrer combien l’on est courtisé par la concurrence.

Michel Drucker, qui aime à pratiquer le name-dropping, a lâché quelques noms incontournables au cours de l’interview : "J’ai notamment rencontré Ara Aprikian (NdlR : le directeur des programmes du groupe TF1) . J’ai vu Vincent Bolloré (NdlR : l’actionnaire majoritaire de Canal +) . J’ai aussi beaucoup discuté avec Cyril Hanouna, qui veut devenir patron de chaîne d’ici trois ans. Il m’a dit : ‘Tu viens sur C8 quand tu veux. Regarde, Thierry Ardisson est heureux. Tu feras ce que tu voudras.’ J’y ai réfléchi. Mais France 2 a su me retenir." Jusqu’à quand ? Et à quel prix ?Virginie Roussel Correspondante à Paris