Médias/Télé

* Ils ont consolé la France

Documentaire. France 2, 22 h 50.

"Les Cadets ! Parmi les Français libres, ces jeunes furent les plus généreux, autrement dit les meilleurs. Mais aussi, dans son chagrin, aux pires jours de son Histoire, ils ont consolé la France !" L’hommage rendu par le général de Gaulle après la Deuxième Guerre mondiale exprime toute la tendresse qu’il vouait à ses "galopins" : des adolescents intrépides et indisciplinés de 14 à 17 ans qui ont répondu à son appel en juin 40 en rejoignant l’Angleterre.

Trop jeunes pour intégrer l’armée, ils ont d’abord dérouté le chef de la France libre, qui ne savait qu’en faire. Il décide alors de créer une école des Cadets, sorte de Saint-Cyr improvisé dans la campagne anglaise, afin de leur offrir une formation d’officiers. Au programme : entraînement militaire et passage du Bac. Une fois sortis des rangs de cette école prestigieuse (cinq promotions de mai 1942 à juin 1944), ces centaines de jeunes venus de France, mais aussi de Madagascar, du Liban ou d’Afrique du Nord se sont battus sur tous les fronts : ils ont été affectés à la 2e D.B. du général Leclerc, qui libéra Paris, nommés agents de liaison auprès d’unités alliées étrangères, ou parachutés en France pour organiser le maquis, en liaison avec les Forces françaises de l’intérieur (FFI). Un Cadet sur trois est mort au combat. Parmi eux, le Brésilien Georges Torrès, tombé en octobre 1944 dans les Vosges. Sa fille, Dominique Torrès, est l’auteur de ce documentaire qui nous laisse un peu sur notre faim.

"Ils ont consolé la France", de facture très classique, se nourrit essentiellement des témoignages d’anciens Cadets, truffés d’anecdotes et d’étoiles dans les yeux. Tous racontent comment ils ont rejoint de Gaulle dans des conditions souvent rocambolesques. Jean-Paul Lavoix, par exemple, explique à des enfants comment il a traversé la Manche en canot avec quatre copains : 33 heures de voyage improbable avant d’être reçus par Churchill en personne ! Pierre Lefranc a dû passer six mois dans un camp espagnol sordide avant de rejoindre le Portugal, puis l’Angleterre. Claude Voillery, fils tuberculeux du consul de France en Islande, a été envoyé par son médecin à l’école des Cadets, parce que ce dernier pensait qu’il s’agissait d’une sorte de sanatorium

Il y a aussi René Marbot, Serge Arvengas, Remi Dreyfus, René Lemoine et Etienne Laurent, qui reviennent, archives et extraits de films à l’appui, sur leur expérience britannique, et de manière trop succincte, sur leurs faits d’armes.

C. G.