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Eve (Lucy Caron) est amoureuse d’une fille. Et Quinquin, devenu Coincoin, aime toujours son Eve. Avec L’Gros (Julien Bodart), ils jouent les petites terreurs sur la côte d’Opale, entre voitures déglinguées, mobylettes trafiquées, amours contrariés et éveil à la sensualité. Une vie d’ado bien remplie, jusqu’à ce que tombe du ciel une étrange glu. Coincoin mène l’enquête aux côtés des gendarmes Roger Van der Weyden (Bernard Pruvost) et Rudy Carpentier (Philippe Jore) qui ne peuvent toujours pas s’empêcher de rouler sur deux roues. L’heure est grave, la fin du monde approche. Et c’est à cette bande de Nordistes qu’est confiée la mission délicate de percer le mystère de l’arrivée des extraterrestres… 

L’enquête précédente, celle du P’tit Quinquin, n’ayant pas été résolue, Bruno Dumont en a créé une nouvelle plus fantastique : Coincoin et Z’Inhumains . Bien que farfelue, cette série en 4 épisodes coproduite par Taos Films et Arte France parle du réel et progresse selon un ressort policier. Ce qui ne l’empêche pas de se faufiler dans l’absurde. Avec sa manière de mélanger les genres, les psychologies, les questions sentimentales et métaphysiques, Bruno Dumont tisse une toile grotesque. L’esprit de sérieux vole en éclats dans une fête transgressive au cours de laquelle le réalisateur nous permet de nous débarrasser de nos masques, de nous réjouir avec jubilation de notre ambiguïté fondamentale. Dans ce grand carnaval, mieux vaux profiter de la fête que de l’analyser. 

"Si le ridicule ne déclenche rien, alors la morale ne déclenche rien non plus, revendique Bruno Dumont. Moi je veux faire du cinéma parce que je pense que le cinéma est vraiment capable de rentrer dans les zones grises. On sait très bien où est le mal, où est le bien. Mais la nature humaine est compliquée. Le commandant Van der Weyden n’a pas la solution. Personne n’a la solution. C’est comme ça. Notre nature est brassée par des sentiments contradictoires. Ce grossissement, j’espère qu’il permet de se voir mieux, de rire et de voir l’absurdité de certaines situations, leur complexité."

Mission accomplie pour Bruno Dumont, l’extraterrestre du cinéma français.