Médias/Télé

Entretien

Vous vous souvenez de vos tout premiers Classiques ?

C'était un dimanche matin, c'était le 3 janvier, c'était la deuxième émission de nouveau week-end qui venait de démarrer. En plus, c'était mon anniversaire, alors j'ai décidé de me faire plaisir en balançant Led Zeppelin, Deep Purple et Pink Floyd à l'heure de la messe. On a eu des réactions incroyables, très vite. J'ai remis le couvert la semaine d'après, la semaine suivante, puis on est passé à deux heures, à trois... Et ça fait vingt ans que l'émission est là.

Comment on sait qu'un morceau est devenu un classique ?

Eh bien justement, ce qui est un grand motif de satisfaction pour moi, c'est qu'il y a des choses que nous avons il y a quinze ou vingt ans fait découvrir au public et qui sont aujourd'hui reprises dans les Classiques. Je pense aux premiers Radiohead, aux premiers Nirvana... Il n'y a pas vraiment de morceaux qui deviennent des classiques quand on parle de très grands groupes. On regarde la carrière, l'oeuvre du groupe. Pink Floyd est un classique, Genesis... Ils sont vraiment devenus cultes, continuent à tourner, à vendre énormément de disques, à faire des émules... C'est pour ça qu'ils sont devenus des classiques. Maintenant, il y a aussi des "one shot", des gens qui ont fait un seul formidable morceau. Et ce n'est pas grave !

Pour vous renouveler, vous écoutez tout le temps plein de choses, vous passez vos soirées au concert... ?

J'écoute un peu moins, parce que ce n'est pas la mission première de Classic 21 de courir après le dernier truc branché. Mais je me tiens au courant de l'actualité de "ces gens-là". Et puis non, je ne vais plus trop au concert, puisque je souffre malheureusement d'acouphènes (NdlR : bourdonnements ou sifflements d'oreilles) et que je dois absolument protéger mon ouïe. Alors j'évite. Sauf quand j'ai une énorme envie, comme quand on m'a proposé d'aller voir Led Zeppelin à Londres - il y a des millions de types qui ont voulu y aller - j'ai pas dit non !

A propos d'acouphènes, vous confiiez récemment vos difficultés quotidiennes dans un reportage de La Première sur le sujet...

Je les ai en permanence. Mes acouphènes, c'est 24h sur 24. Je me protège bizarrement en évitant le silence, parce que dans le silence c'est insupportable tellement ça va fort. En voiture, au bureau, il y a de la musique, des bruits de fond... Mais c'est fort gênant. Alors, je ne vais pas me dire que je vais tout arrêter, parce que c'est pas une solution : moi, c'est ma vie, la musique. J'adore mon métier, Classic 21 va bien, je prends beaucoup de plaisir à diriger la chaîne aussi et insuffler tout ce que je peux à l'équipe... C'est un vrai chouette boulot, mais c'est extrêmement fatiguant et contraignant avec des acouphènes.

Vos journées ressemblent à quoi ?

Elles sont bien remplies. J'ai "Le making of" aussi, tous les jours à 15 heures, où je raconte l'histoire d'un album. Mais là je suis très aidé par un collaborateur brillant, Laurent Rieppi, qui prépare l'émission. Elle n'est jamais en direct, c'est incompatible avec l'agenda d'un directeur de chaîne. Par contre, pour "Les Classiques", je suis pratiquement tout seul comme au début. Sinon, pour vous parler d'une journée-type, je me lève vers 6 heures, je suis à Mons vers 8h30 et je passe beaucoup de temps en voiture, je cours de réunion en réunion. Souvent, j'échange des mails jusqu'à minuit. Je ne me plains pas, ce rythme, c'est inhérent à nos métiers. C'est toute une organisation. Mais je pense assumer.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans vos divers jobs ?

C'est assez étonnant, mais je n'ai pas l'impression de faire des jobs différents. Moi je suis quelqu'un de passionné. Par la musique, par la radio. J'ai la chance de temps en temps de pouvoir encore faire de la musique avec mes amis de Machiavel... mais pour moi ça fait partie d'un tout. Je me réalise pleinement dans tout ça. J'ai pas l'impression d'être un peu directeur, un peu animateur, un peu batteur... C'est moi, tellement et complètement, et je n'ai pas l'impression d'avoir des activités différentes. Tout me plaît. J'ai deux passions, j'ai 54 ans et quand je regarde en arrière, je constate que je ne me suis pas trop mal débrouillé avec elles.