Médias/Télé

Le ciel est clair, l'humeur aussi. Jean-Paul Philippot, le grand patron de la RTBF, fait la file comme tout le monde, pour entrer dans la grande structure transparente qui doit accueillir d'ici quelques dizaines de minutes la "Tenue de soirée" présentée par Michel Drucker.

Une émission itinérante, qui sort de France pour la première fois, et pour laquelle des équipes de la RTBF ont été mobilisées. Une hôtesse propose à l'administrateur-délégué du groupe public d'escamoter la queue. Il fait beau, il est content, il reste dans la file.

La Grand-Place grouille de monde, derrière les barrières nadar qui circonscrivent le périmètre. Certains sont là depuis le début de l'après-midi, histoire d'apercevoir une star, un people. Les cafés ont sorti leurs terrasses. Dans les appartements et les bureaux du "plus riche théâtre du monde" (d'après Cocteau), les chaises sont installées aux fenêtres.

Sous le chapiteau tendu de PVC cristal, les VIP (ministres, présidents de partis, stars de la RTBF, acteurs, ambassadeurs...) côtoient les "echte brusseleirs". 150 places seulement ont été offertes au grand public, via un tirage au sort organisé par la Ville de Bruxelles.

Ballet de stars

Quand Michel Drucker fait son entrée sur scène sur le coup de 20 h 50, la foule applaudit à tout rompre et scande son nom, debout, heureuse. Michel Drucker, c'est la star de la soirée. Il passe les plats, mais il le fait tellement bien que ceux-ci en exhalent toute leur saveur. A ses côtés, Fabienne Vande Meerssche s'en tire avec les honneurs.

La journaliste belge co-anime la soirée, recadre Drucker quand il le faut (il appelle la RTBF "La Première", au lieu de la Une...), remet en contexte (historique, politique). Pourtant, nous glisse-t-on, Fabienne ne se sentait pas très bien, ce samedi après-midi. En tout cas, l'illusion est totale souriante, détendue, incisive parfois, notre ambassadrice ne démérite pas.

D'autres déçoivent c'est le cas de Benoît Poelvoorde, qui arrive très en retard et qui est pourtant ovationné comme une superstar. Le comédien namurois a l'air complètement à côté de ses pompes, nerveux.

Pas terribles non plus, les magnétos enregistrés dans la ville. Doudi (de la série "Samantha Oups"), Corinne Boulangier et Armelle sont dépêchés dans divers lieux de la capitale. Des capsules tellement courtes qu'elles en perdent tout intérêt. C'est un peu le problème de "Tenue de soirée" : on veut y parler de tellement de choses, accueillir tellement d'invités, que finalement, on ne fait que survoler les sujets.

Mais le programme reste une belle émission de variété à l'ancienne, avec un orchestre et de la voix directe. Les artistes belges et français se succèdent sur scène : Maurane chante le "Bruxelles" de Brel, Adamo "Laisse mes mains sur tes hanches" avec Hélène Ségara, Frank Michaël vient ravir le coeur de la faune à cheveux mauves du public, Geluck nous parle de BD et de peinture, Jean Vallée nous refait "Le Plat Pays" quand le ciel, comme en écho à la chanson, se met à pleurer sur les badauds....

Une soirée très Brel (qui, soit dit en passant, était un ami de Drucker). On lui doit d'ailleurs le plus joli moment de l'émission : Pagny et Alain Bernardini (I Muvrini) reprenant "Amsterdam", en compagnie de dizaines de choristes.

On raille souvent les reprises de Brel par Pagny : ici, un frisson traverse la foule.

Après 2 h 30 de direct, on a beaucoup applaudi, on s'est beaucoup levé, on a beaucoup chassé la tête connue....

"Tenue de soirée" reprend la route, après avoir étourdi Bruxelles.