Médias/Télé

Retour aux sources pour Carole Gaessler. En 1996, elle avait déjà travaillé sur le "Soir 3" d'Henri Sannier. Après avoir présenté le "13 h" de France 2 avec Rachid Arhab, joué les jokers de David Pujadas au "20 h" et animé "Immersion totale" sur la même chaîne, puis "C'est notre affaire" sur France 5, la journaliste succède à Marie Drucker à la présentation du "Soir 3". Elle en est aussi la rédactrice en chef adjointe et continue d'animer, le mardi en prime, "Les soirées société de France 5". Attirée par une émission d'interviews intimistes à la radio, Carole Gaessler se concentre "à 200 pc" sur la reprise de ce JT en bonne santé, "un rendez-vous magnifique. J'avais envie de renouer avec le news et le direct. J'ai contacté Paul Nahon (directeur de l'information de France 3) avec lequel je voulais retravailler depuis notre collaboration à Envoyé spécial en 2000. On a échangé des idées sur le Soir 3, cela s'est fait naturellement", confie-t-elle.

Un challenge de succéder à Marie Drucker ?

Non, une aventure, un nouveau cycle. Le seul défi est un défi d'exigence. Mais c'est une chance de poursuivre le travail entamé par l'équipe précédente, et notamment par Marie qui en a fait un beau rendez-vous dynamique, dynamisé par l'horaire, 23 heures pétantes.

Il est question de l'avancer à 22h30 en 2009 ?

Rien ne sera tranché avant novembre.

Quelle est votre latitude ?

Paul Nahon donne une feuille de route, puis fait confiance. Il s'agit d'être audacieux, inventifs, poil à gratter si nécessaire. Audacieux dans le décryptage des informations de la journée qui nous semblent importantes, mais aussi dans l'anticipation de l'actualité du lendemain. A 23 heures, il faut apporter de la valeur ajoutée. Sans réinstaurer la revue de presse d'il y a douze ans, notre envie est d'injecter, en fonction de thèmes marquants, une ou deux "une" de presse quotidienne régionale.

On fait de l'anticipation sur une actualité de fond...

Le positionnement éditorial du "Soir 3" est plus tourné vers l'info internationale, économique et politique que sur le fait divers. En 23 minutes, on doit faire de vrais choix éditoriaux.

En douze ans, constatez-vous une révolution au "Soir 3" ?

Juste de petites impulsions. Marie Drucker avait un ton bien à elle, j'ai le mien.

Quelle couleur souhaitez-vous apporter ?

Dans "Ce soir ou jamais", Frédéric Taddéi laisse parler les gens, reste modeste. Moi, j'ai envie de me mettre à la place du téléspectateur sans avoir peur de poser des questions naïves ou à contre-courant, sans jamais perdre une forme de bon sens.

Que retirez-vous de votre expérience sur le terrain du magazine ?

J'espère que cette prise de distance avec le news m'a permis d'acquérir une forme de souplesse, de fraîcheur, un côté moins compassé. J'avais l'impression d'étouffer dans cette image de femme-tronc. Sur le plateau des JT de France 3, je serai assise de façon moins formelle pour les titres et la fin du journal. Dès le 15 septembre, je serai sur le plateau de Taddéi avec des spectateurs directs, ce qui devrait créer un forum d'idées, un beau mouvement, un sentiment de proximité.

Et votre passage sur France 5 ?

France 5 est un formidable espace de liberté. Travailler de façon moins exposée sur "C'est notre affaire" m'a appris à fédérer une petite équipe, à prendre confiance en moi. Avec le "Soir 3", je suis dans le prolongement de ce que j'ai connu sur France 5.