Médias/Télé Magazine "Travail, univers impitoyable" Cash Investigation ce mardi sur France 2 à 20 h 55.

En France, 25 % des salariés vont travailler avec la boule au ventre, 26 % affirment avoir fait un burn-out et 43 % ressentent des douleurs à cause de leur métier. La journaliste Sophie Le Gall a enquêté au sein de Lidl et de Free.

Lidl, géant de la distribution, 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 30 000 salariés en France. L’un de ses journalistes se glisse dans la peau d’un préparateur de commande pour filmer en caméra cachée. Il parcourt l’entrepôt avec un transpalette électrique, un casque sur la tête qui donne les commandes vocales. Le système bugge s’il s’avise de saluer un collègue. Le préparateur, qui a les mains libres, peut porter jusqu’à 8 tonnes par jour. L’équivalent de 6 voitures de taille normale. La commande vocale permet une augmentation de 15 % de la production. Les agents de maîtrise, eux aussi, sont touchés. Yannick Sansonetti, 33 ans, s’est pendu dans l’entrepôt d’Aix-en-Provence.

Un rapport accablant de l’inspection du travail avait dénoncé le harcèlement au travail, des propos dénigrants et des objectifs inatteignables. Et puis, cette violente altercation avec menace de mort entre un directeur de magasin et un directeur régional, lequel a été muté en Belgique pour devenir no 2 de Lidl côté francophone.

Fabriques de chômeurs longue durée

Au tour de Free, 7 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Son principal actionnaire, Xavier Niel, est la 9e fortune de France et est copropriétaire du journal "Le Monde". En 2014, le centre d’appel de Free Mobipel à Colombes, en banlieue parisienne, a débrayé. Une grève de 3 h dont Angélique Gérard, directrice de la relation abonnés de Free, s’est personnellement occupée. Celle qui a reçu le Trophées des femmes de l’industrie 2016 a adressé un courrier au responsable syndical indiquant qu’il n’y aurait plus de recrutement sur cette société devenue sensible. De fait, l’effectif a fondu depuis octobre 2014. Angélique Gérard s’est ensuite chargée du mouvement de grève, en 2012, de Total Call, centre d’appel au Maroc qui dénonçait les conditions de travail. Là encore, la directrice a indiqué "vouloir liquider les 50 détracteurs".

Elise Lucet interroge Denis Maroldt co-gérant de Lidl France et Maxime Lombardini, DG de Free. Chacun pourra mesurer le degré de déni et les techniques de communication adoptées pour faire face à des questions bien embarrassantes tant elles sont précises et directes.