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Retour, sept ans après, sur la catastrophe de Fukushima. A voir ce jeudi soir sur La Une, à 22 h 40.

Est-ce la fin du monde ?" C’est la question que s’est posé, le 11 mars 2011 à 14 h 46 Keiko Takahashi, habitante de Fukushima, alors que cette région du Japon est l’épicentre d’un séisme d’une puissance de deux bombes nucléaires. Mais ce tremblement de terre n’est que le début d’une incroyable succession de catastrophes, comme le raconte le documentaire de Julien Balestier, un nouvel épisode de la série Hors de contrôle H H diffusé sur La Une.

Car sept ans après, la centrale nucléaire de Fukushima endommagée par la catastrophe naturelle, est toujours "hors de contrôle", comme le souligne le journaliste.

Au début, pourtant, tout fonctionne comme prévu : juste après le séisme, grâce à des capteurs qui perçoivent les secousses, la réaction nucléaire est neutralisée : des barres d’uranium plongées dans l’eau en sont automatiquement retirées. Ces réacteurs doivent cependant toujours être refroidis. Pour cela, il faut de l’eau et de l’électricité. Comme le réseau de la région est détruit, la centrale utilise ses propres générateurs. Tout est donc sous contrôle. Mais treize minutes après le séisme, un tsunami approche. La vague ne mesure pas trois mètres comme prévu, mais plus de 10 mètres : un immeuble de quatre étages. Elle submerge la centrale de Fukushima sous 15 mètres d’eau. Les générateurs sont noyés, il n’y a plus rien pour contrôler - et refroidir - les trois réacteurs, même plus de lumière. Et plus de capteurs pour livrer des informations sur ce qui se passe à l’intérieur.

Face à la catastrophe qui s’annonce, c’est l’improvisation totale, montre le documentaire. Petit exemple ? Pour apporter en urgence de l’électricité sur le site, des camions sont envoyés, mais aucun protocole n’a été prévu. Quand les ouvriers arrivent, ils se rendent compte que les câbles ne sont pas assez longs pour aller rétablir le courant dans les centrales… Plus tard, pour faire baisser la pression dans le réacteur n°1 et éviter "la fin du Japon" , comme l’évoque un intervenant, il faudra ouvrir une vanne manuellement. Mais personne ne sait comment faire ! Les plans sont donc consultés à la lampe torche. Cependant, en ouvrant la vanne, on laisse forcément échapper des gaz radioactifs… Et tout cela n’est qu’un répit.

40 ans pour décontaminer le site

Agrémenté de témoignages de travailleurs de la centrale et d’habitants ainsi que d’éclairages de scientifiques et d’images de synthèse, le documentaire décrit "cette cascade d’événements non maîtrisables", qui amènera finalement à l’explosion de trois réacteurs de Fukushima. Et à ce que sept ans plus tard, l’entreprise nucléaire Tepco continue à refroidir les réacteurs, chaque jour, grâce à 350 tonnes d’eau de mer. Il faudra 40 ans pour décontaminer le site, selon Tepco.