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B rasilia carnaval, nous deux c'est idéal, for ever I love you...» Aucun des trentenaires ayant fredonné cet air à son apogée (1976) ne se doutait alors qu'il avait été entièrement (pré) fabriqué par un homme à l'allure de comptable, travaillant le plus souvent dans sa véranda mouscronnoise accompagné de son accordéon. Tout avait en effet été imaginé pour créer l'illusion: rythme brésilien, danseuses soi-disant à l'avenant et chanteur au déhanchement convaincant. Résultat de l'entreprise: enregistrée en l'espace d'une journée, la chanson devient un hit international, 6830000 exemplaires en sont vendus.

Vinrent ensuite consécutivement les tubes de Crazy Horse: «J'ai tant besoin de toi», «Une fleur... rien qu'une rose», «Un jour sans toi», «Et surtout ne m'oublie pas» (1973). Ces deux derniers tubes ayant connu les grandes heures des plateaux parisiens présidés par Guy Lux.

S'il y avait bien quelques personnes pour trouver à ces «petits Belges» un look grotesque, personne ne put démentir leur énorme succès populaire. Car ce qui qualifiait Marcel De Keukeleire, c'était son incroyable flair et sa formidable capacité de conviction lorsqu'il pensait tenir un tube. Il ne s'est jamais trompé, ni quand il poussa le danseur Amadeo à enregistrer «Moving like a superstar» que lorsqu'il mit sur orbite l'inégalable «Danse des canards».

Le documentaire d'Olivier Monssens redonne la parole à ses partenaires de l'époque qu'il sut souvent pousser dans des voies qu'ils n'imaginaient pas. Avec Jean-Luc Drion, il retrace l'une des plus belles success-story «à la Belge». Un document étonnant autant que captivant.

© La Libre Belgique 2003