Médias/Télé

Plus douée sous l’eau - en "aquagym" - que derrière un ballon, Christine Schréder se passionne pour le foot depuis "toujours" . Anderlechtoise d’origine, la journaliste sportive parle "foot avec les mecs" depuis la cour de récré. "Ça a toujours été naturel. J’ai très vite été crédible car j’ai appris à défendre mon avis sans la ramener."

Depuis l’enfance - en famille ou à l’école - elle est bercée "par les résultats du club d’Anderlecht" . "A 10 ans, j’ai voulu assister à une rencontre contre le Standard et je me souviens très bien de l’émotion que j’ai ressentie. Plus que le match en lui-même certainement. Ensuite il y a eu la Coupe du monde 86 au Mexique et le virus s’est emparé de moi."

Respecter la langue française

A l’époque, seules Marie-France Muschang (RTL), Christine Hanquet (RTBF) et Pascale Pierard (Foot Magazine) percent les défenses masculines du journalisme sportif. Mais les émotions collectives, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi séduisent la jeune femme qui obtient une licence en philo et lettres et en journalisme à l’Université catholique de Louvain. "Je ne suis pas une sportive mais je me dis que j’en ai peut-être l’âme. Devenir journaliste dans un univers aussi masculin, c’était une forme de défi à relever."

Fraîchement diplômée, elle enseigne le français et l’histoire (au cours d’un intérim d’un mois) avant de collaborer à l’édition carolo de "Vers l’Avenir" ("Le Rappel") pour suivre les assises, notamment. BeTV lui offrira le poste dont elle a toujours rêvé quelques mois plus tard.

"Ni chaudasse" , "ni chanteuse de R’n’B" , "ni propriétaire d’une grosse voiture de sport" , avait-elle confié. Christine Schréder tente de "manier le mieux possible la langue française" . Auteur d’un mémoire sur le vocabulaire du football dans la presse écrite, elle s’est aujourd’hui imposée (baskets aux pieds; mitaines aux poings) le long des terrains, sur BeTV, Voo Foot ou sur la RTBF aux côtés de Benjamin Deceuninck pour l’Euro 2016.

Pas toujours égalitaire

Renvoyée "une seule fois" à "sa condition féminine" par un arbitre interdisant aux femmes la zone neutre, Christine Schréder n’a jamais essuyé de gestes ou de propos déplacés.

"J’ai tout de suite été acceptée car c’est une question de comportement", indique-t-elle. Sauf sur les forums ou les réseaux sociaux, où il semble de plus en plus difficile pour les femmes de faire respecter leur intégrité . "J’ai choisi ce métier par passion, pas pour de mauvaises raisons. Il faut vous faire accepter comme une journaliste. Point."

Attentive à sa tenue, Christine Schréder reconnaît que les "paramètres" pour réussir dans ce milieu sont plus "renforcés" pour les femmes. " On ne demande évidemment pas tout ça à un homme pour être crédible. Ce n’est pas très égalitaire comme vision mais c’est la réalité avec laquelle on doit composer."