Médias/Télé

Le festival Masarat sur la Palestine, qui se déroule pour l’instant en Communauté française, a son film: "Autoportraits de l’autre, Belgique Palestine", diffusé dans le cadre de l’émission "Quai des Belges", ce soir sur Arte et le 2novembre, à 22 h 45, sur La deux.

Un documentaire subtil et très subjectif, un brillant making of réalisé par le cinéaste Gérard Preszow. Celui-ci a suivi la préparation de Masarat, la venue à Bruxelles de Palestiniens dans le cadre de workshops avec des artistes belges et il s’est rendu deux fois en Palestine. Avec une petite caméra à la main il a tout filmé, tout interrogé, pour des dizaines d’heures de film dont il a extrait une grosse heure pour ce documentaire. Un cinéma-vérité, sans mise en scène, saisi sur le vif, avec la parole même de ceux qui vivent Masarat. On y voit leurs hésitations, leur enthousiasme, les surprises, les détours d’un dialogue avec la Palestine.

Souvent, le réalisateur a demandé à ses interlocuteurs l’idée qu’ils avaient de la Palestine. Si on ne voit jamais Gérard Preszow à l’écran, il est omniprésent car c’est de son regard aussi qu’il s’agit. Y compris dans ses propres interrogations de juif belge pro-palestinien, au point qu’en Palestine, une interlocutrice lui renvoie sa question, lui demandant s’il s’agit bien d’un film sur les Palestiniens ou d’un film sur la question de sa judéité. Car le film montre que la question de la Palestine est celle de nous tous, de notre imaginaire comme celle de notre réaction face à la réalité concrète d’un pays occupé.