Médias/Télé sprint final

Hier, le conseil d’administration de la RTBF a approuvé, à l’unanimité, le nouveau contrat de gestion. "Un vote historique, se réjouit la présidente du CA, Bernadette Wynants (Ecolo). Cela n’était plus arrivé depuis des années." Pour rappel, l’administrateur général de la RTBF avait soumis, cet été, un projet de contrat. C’est sur la base de ce texte que se sont engagées les négociations entre la ministre de l’Audiovisuel et la direction de la RTBF. L’enjeu est important : le contrat, qui entrera en vigueur le 1 er janvier 2013, définira les missions de service public de la RTBF et les moyens budgétaires ad hoc. Aucun accord n’a encore été conclu concernant le volet financier du contrat de gestion. "Ce texte fera encore l’objet d’ajustements de la part du gouvernement, qui devra définitivement l’adopter vendredi. Ensuite, il nous reviendra et nous aurons une vision plus claire de nos budgets. C’est à ce moment-là que nous le signerons, ou non", indique le porte-parole de la RTBF.

Le budget, pomme de la discorde

Le 26 octobre, le conclave budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait fixé une indexation partielle de la dotation pour les deux prochaines années. Or, cette première décision ne couvrait pas l’évolution naturelle de la masse salariale de la RTBF - qui croît de 8 millions d’euros par an (index, barèmes, etc.). Un déficit structurel que le ministre du Budget André Antoine se refuse à combler.

"Ce contrat n’aura de sens que si les moyens financiers suivent. On ne voit pas encore clair sur les intentions du gouvernement. Je ne me fais aucune illusion. Il est clair que le ministre ne nous donnera pas les 8 millions. Mais il peut certainement faire un geste pour diminuer ce déficit. Nous n’éviterons plus le plan social. Il n’y a plus de graisses superflues, on ronge déjà l’os", indiquait une source proche du dossier. D’autres pistes de financement avaient été évoquées, dont le leaseback des bâtiments Reyers et des pylônes de transmission (pour 18 ans et un montant de 55 millions d’euros), ainsi que des mesures sociales (départ à la retraite dès 60 ans et remplacement de deux départs sur trois seulement).

Les grandes lignes du contrat

1. La création de 5 nouvelles radios sur la radio numérique terrestre (DAB+). Le plan stratégique 2016, paru il y a quelques mois, évoquait un 2e canal pour les décrochages régionaux de Vivacité, une chaîne jazz, une radio dédiée aux jeunes, aux seniors et une chaîne d’info trafic. Le contrat de gestion, lui, parlait de "la diversité des origines et des cultures de la population de la Fédération".

2. Le retour probable de RTBF Sat, disparue en 2010 au profit de La trois.

3. La diffusion d’une série télé belge, francophone, locale et populaire, financée par un fonds spécial alimenté notamment par les recettes publicitaires de la RTBF (si celles-ci dépassent les 25 % des recettes globales), le fonds Di Rupo et le Centre du cinéma.

4. La création d’une plateforme de concertation avec le monde culturel.

5. L’obligation de diffuser au moins 10 fois par an une émission de médiation à une heure raisonnable.

6. La création d’une plateforme pédagogique dédiée aux professeurs et aux élèves, en partenariat avec la Sonuma (responsable des archives de la RTBF).

Le plafond actuel de 30 % de recettes publicitaires est conservé. Le merchandising et le licensing sont autorisés (officiellement) et le placement de produits devra être précédé d’un avertissement d’au moins 5 secondes.