Médias/Télé

Samedi 29 avril 2006, sud de la Californie, à quelques encablures de Los Angeles, au Coachella festival. La nuit est tombée, mais l’ambiance reste électrique.

Un concert ou une mise au point

Sous un chapiteau qui ne peut en théorie en contenir que dix mille, ce sont près de trente mille personnes qui se pressent. La raison ? Le premier "set live" des pères de la "french touch" au Coachella, alors que ça fait près de quatre ans que le plus célèbre des festivals américains désespère de les recevoir.

L’attente est énorme. Dans le public, tout ce que le Nouveau Monde compte d’influent, dans le milieu musical, est présent. Le moment est également capital pour les Daft Punk. L’accueil réservé à leur troisième album "Human After All" est relativement timide de la part des critiques. D’aucuns ne se gênent pas pour prédire la fin du groupe. Le show à venir, préparé dans le plus grand secret, a un petit goût de mise au point pour le duo français constitué de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo.

Toujours une référence

Sous le chapiteau, l’attente se prolonge. Le temps de battement entre les groupes, habituellement d’une trentaine de minutes, approche ici de l’heure. Soudain sur scène apparaît une immense pyramide tapissée de LED. En son centre, le duo, comme de coutume grimé en robots, produit un show qui reste, aujourd’hui encore, presque 10 ans plus tard, considéré comme l’une des références tant musicalement qu’au niveau de la scénographie.

Ce concert est l’une des nombreuses étapes qui ont jalonné le parcours hors norme du groupe français.

Constitué de témoignages, tant de spécialistes de la presse musicale et d’artistes du monde entier, que de proches du duo, ce Daft Punk Unchained H H H, réalisé par Hervé Martin-Delpierre s’attache à retracer chacun des moments marquants du parcours du groupe.

Si le documentaire ne propose finalement que peu d’images inédites et évacue un peu rapidement les questions qui fâchent, comme l’utilisation grossière de samples ou la cohabitation supposée difficile du duo, il n’en reste pas moins une plongée fascinante dans la mythologie de l’un des groupes majeurs de la scène électronique. Un groupe qui a jusqu’ici toujours su se jouer du monde du showbiz afin de préserver son anonymat et son intégrité artistique. Tout simplement inspirant !Cédric Huntzinger