Médias/Télé Une heure richement illustrée dans les pas du grand écrivain belge. Vendredi, La Une, 20h50.

Quelques maisons isolées se détachent à la nuit tombée sous un ciel brumeux. Jean-Louis Lahaye se promène dans les décors d’une fiction anglaise, portée par l’acteur Rowan Atkinson ("Mr Bean"), qui va redonner vie au roman de Georges Simenon "La Nuit du carrefour", écrit en 1931. Pour y parvenir, 150 techniciens s’affairent autour de ce village français des années 50, recréé du côté de Budapest.

L’entrée en matière est originale et atteste de la force d’attraction conservée par le célèbre écrivain belge. Dans ce nouveau numéro de son magazine Sur les traces de**, Jean-Louis Lahaye met ensuite le cap sur Liège où naquit Simenon dans une famille de la petite bourgeoisie. Là où il fit aussi ses armes en tant que journaliste à la "Gazette de Liége".

Phénomène ou artisan

Malgré son succès phénoménal - plus de 250 romans dont 75 Maigret, soit quelque 600 millions de livres vendus, traduits dans plus de 50 langues -, Georges Simenon refusait de se voir comme un phénomène ou un ogre de la littérature. Il se définissait comme "un simple artisan, perfectionnant son outil jour après jour". Bruno Solo, Anne Richter et Pierre Assouline, notamment, proclament leur admiration envers l’homme à la pipe, créateur de quelque 9 000 personnages imaginés dans 1 800 lieux.

Grâce à de formidables images d’archives, on retrouve les traces de son enfance si terne, auprès d’une mère d’une grande froideur. Très tôt, Simenon veut quitter la médiocrité de son milieu, de sa condition, "il ne veut pas subir, il veut rêver sa vie". Ce sera la source de son œuvre. On découvre ensuite comment, au fil des audiences de justice, il affine sa connaissance de la "comédie humaine" et des méthodes scientifiques devenues les meilleures armes des grands enquêteurs.