Médias/Télé Avoir l’ex-ministre-Président catalan en interview ne fut pas une mince affaire.

La RTBF a réussi un beau coup vendredi soir avec la diffusion de l’interview de Carles Puigdemont, l’homme le plus recherché d’Europe, en tout cas sur le plan médiatique. C’est Quentin Warlop qui a décroché cette exclusivité pour le service public, au nez et à la barbe des télévisions qui depuis des jours traquent le Catalan. Il nous a raconté les coulisses de cette interview pas comme les autres.

“C’était très compliqué, explique-t-il. Il y a un contexte international qui fait que la pression médiatique est incroyable. Son staff me disait qu’il y avait une centaine de télés dans le monde qui le demandaient pour un direct.” Tout a commencé dès mardi et la conférence de presse donnée à Bruxelles par Carles Puigdemont. “Avec François de Brigode, on a directement eu l’idée de l’inviter. C’était assez osé mais je me suis pris au jeu, commente le journaliste avec le sourire. Au début, il y avait beaucoup de fébrilité, ils étaient assez fermés.”

Mais au gré des contacts, un lien de confiance s’est établi avec l’entourage proche du ministre-Président destitué. “On a négocié pendant près de quatre jours complets. On a failli l’avoir en plateau jeudi mais avec le mandat d’arrêt européen, il s’est rétracté dans les 10 minutes qui ont suivi. J’ai continué à échanger par WhatsApp avec lui et avec son staff jusque presque une heure du matin. On a eu un accord de principe pour vendredi mais il fallait surtout lui assurer une sécurité maximale.”

La peur ?

Celle d’être cueilli à sa sortie de la RTBF par la police. “Il ne voulait pas être vu ou reconnu dans nos locaux. C’était son exigence – légitime au demeurant – et la seule qu’il a posée. On a dû mettre en place un dispositif de sécurité assez important pour lui permettre de venir incognito. Il y avait 7 personnes seulement qui étaient au courant à la RTBF. C’était le grand secret ici pendant toute la journée de vendredi. J’ai fixé les derniers détails de la rencontre avec sa plus proche collaboratrice sur le coup de 13h30-14h et il est arrivé vers 15h30.”

Ravi à titre personnel d’avoir obtenu cette exclusivité, Quentin Warlop l’est aussi pour la RTBF : “C’est une reconnaissance du travail de toute l’équipe et du respect qu’il a envers notre service public.”

À la fin de l’interview, le journaliste a même pu échanger quelques mots plus décontractés avec Carles Puigdemont car ils ont un point commun. Quentin Warlop est en effet marié à Daniela Prepeliuc qui est roumaine. L’épouse du Catalan l’est également.