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Crise politique oblige, le numéro de rentrée de "Questions à la une" (après deux modifications) sera consacré aux musculations verbales, négociations en berne et crispations diverses auxquelles le citoyen a assisté, navré, tout au long de l’été. Bloqué sur son ban de montage, Christophe Deborsu précise la trame de l’enquête menée, depuis juin, avec son complice Michel Renard, et baptisée "La Belgique va-t-elle éclater ?"

"On a entamé le tournage le jour même des élections car on se doutait que la formation du gouvernement ne serait pas simple. En 2007, Sacha Daout avait pu suivre les négociations de très près. La fin du reportage avait d’ailleurs été sans cesse reportée puisqu’on voulait y inclure la fin des négociations." Cette fois, l’option prise était de ne pas lier la diffusion à la formation du gouvernement mais bien de faire état d’un climat et d’une évolution au fil du temps.

"Et puis, contrairement à 2007, les différents protagonistes n’ont pas voulu être suivis jusque dans l’intimité des discussions parce que, sans doute, l’expérience n’avait pas été bonne pour eux. Ils ont donc d’emblée décidé de diminuer la quantité d’infos et d’interviews qu’ils donneraient à la presse. Di Rupo a été très clair sur le sujet dès le départ, la NV-A l’était moins." Voilà pour le contexte.

Un des axes du reportage est la volonté de percer la personnalité de Bart De Wever : mieux comprendre ses fondements et ses aspirations. Où l’on découvre qu’enfant, Bart De Wever habitait dans un appartement situé au-dessus des locaux du Vlaams nationaal jeugdverbond (mouvement de jeunesse indépendantiste flamand) dont ses parents étaient concierges. Le fruit n’est pas tombé loin de l’arbre.

"Nous avons aussi rencontré Frans Baert, avocat gantois (ex-Volksunie) qui est à l’origine de la fameuse doctrine Baert qui "structure" la NV-A et précise qu’il ne "faut jamais hypothéquer la suite du développement de la Flandre". Rarement interrogé, il a été très content de pouvoir nous expliquer sa méthode et lorsqu’on lui demande si cela signifie que De Wever ne doit faire aucune concession, il répond "oui" en souriant..."

Il y a moins de décryptage du côté de Di Rupo, reconnaît-il, "car les francophones ont surtout peu d’infos sur Bart De Wever. Mais rien n’empêcherait de réaliser un autre numéro On explique seulement la raison qui fait que Di Rupo ne sera jamais bilingue : son problème d’audition suite à un accident, une info qui a été bien relayée en Flandre car Di Rupo s’est excusé de cette lacune."

Faire comprendre l’évolution des choses, présenter les protagonistes et leurs tactiques est donc le but ultime. "Nous avons choisi Bart De Wever et la NV-A parce qu’on est moins habitués à les avoir autour de la table de négociations. C’est quand même la première fois qu’on est confronté à un parti indépendantiste. On a beau le répéter, cette réalité secoue ! On est d’ailleurs surpris de voir comme la situation évolue d’un optimisme généralisé vers toujours plus de méfiance. Même le président du CD&V nous répond qu’il "espère mais n’est pas sûr" que nous aurons un gouvernement fédéral après Leterme "

Volontairement, le reportage n’entre pas dans le détail des débats et des points mis sur la table. "Nous nous attachons à l’évolution du climat, d’autant que le travail n’est pas encore terminé." Peu fan de microtrottoirs, Christophe Deborsu note cependant qu’au fil du temps, les personnes interrogées tant en Wallonie, qu’à Bruxelles ou en Flandre, se montrent plus alarmistes et défaitistes que par le passé.

"Je trouve étonnant qu’il n’y ait pas eu de grands sondages pour évoquer le sentiment partagé de la population "